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Bulletin Quotidien Europe N° 11382
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) climat

Malgré une maigre moisson à Bonn, l'UE salue des progrès sur la différenciation des efforts

Bruxelles, 04/09/2015 (Agence Europe) - Les négociations climatiques de Bonn se sont achevées vendredi 4 septembre sur de maigres résultats, au grand dam des ONG.

Toutes les parties sont convenues de la nécessité d'accélérer leurs efforts pour raccourcir le texte de négociation, avait souligné Miguel Arias Canete mercredi1er septembre. Deux jours plus tard, force est de constater qu'il reste encore beaucoup à faire pour y parvenir.

« Il nous faut un texte apte à la négociation. Il doit être plus court et structuré comme s'il avait été écrit par un seul panel, avec une même terminologie et quelques options clés. Il faut un projet pour l'accord de Paris et pour les décisions qui l'accompagneront », a déclaré vendredi Sarah Blau, au nom de la Présidence luxembourgeoise du Conseil de l'UE.

Au nombre des points positifs, les négociateurs de l'UE ont cité quelques progrès accomplis en matière de différenciation des efforts. « Il n'y a pas une option mais plusieurs. La différenciation ne se fera plus entre les pays de l'Annexe 1 (c'est-à-dire les pays industrialisés au titre du Protocole de Kyoto, NdlR) et les autres. La différenciation sera plus moderne, elle tiendra compte des circonstances nationales dans tout l'accord », ont-ils indiqué. Le fait que des discussions aient eu lieu sur les pertes et les dommages a également été salué. Cela, « grâce à une proposition des États-Unis, soutenue par l'UE, qui permettrait de renforcer les mécanismes de Varsovie et impliquerait une action immédiate avant 2020 ».Celle-ci sera débattue plus avant en octobre.

Mais s'agissant de l'objectif à long terme, les avis divergent. « Pour l'UE, c'est un élément crucial, une expression de la volonté politique de s'engager dans la transition vers une économie décarbonée, un signal très important dont les investisseurs ont besoin », ont souligné les négociateurs européens.

Greenpeace, pour sa part, y voit un échec cuisant. « Alors que les énergies renouvelables sont en plein essor et que les impacts climatiques - incendies, tempêtes, migration forcée - sont la réalité vécue des populations dans le monde entier, les négociateurs ne sont toujours pas entrés dans le vif du sujet. Nous quittons Bonn sans objectif à long terme pour éliminer le charbon, le pétrole et le gaz à l'horizon 2050 », a déploré Martin Kaiser, directeur international de la politique climatique chez Greenpeace.

Quant au Fond vert pour le Climat, les 10 milliards de dollars US qu'il rassemble à ce jour sur les 100 milliards promis pour 2020 sont insuffisants, estime Greenpeace qui juge « essentiel l'établissement d'un mécanisme permettant d'augmenter les engagements tous les cinq ans ». Elena Bardram, une négociatrice de l'UE, a cependant jugé « encourageantes » les contributions des États membres. La conférence conjointe du FMI et de la Banque mondiale à Lima (9-11 octobre) devrait permettre des avancées, espère l'UE. (Aminata Niang)

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