Bruxelles, 02/09/2015 (Agence Europe) - L'Union européenne a dénoncé, mardi 1er septembre, la condamnation à sept ans et demi de prison de la journaliste azérie Khadija Ismayilova pour incitation au suicide.
Dans un communiqué commun, la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini, et le commissaire à la Politique de voisinage, Johannes Hahn, ont considéré que la peine contre cette « éminente journaliste » était un « signe de la situation difficile des journalistes indépendants en Azerbaïdjan ». Ils ont appelé les autorités azéries à réexaminer le cas de Mme Ismayilova « dans un processus transparent et équitable, dans le plein respect des engagements internationaux » de l'Azerbaïdjan, « y compris la liberté des médias ». En effet, selon Mme Mogherini et M. Hahn, le procès de la journaliste a soulevé « des questions fondamentales sur l'impartialité de la Cour et la légalité de l'accusation, comme en témoignent les observateurs internationaux qui étaient présents pendant le procès ». L'accès des observateurs internationaux et nationaux a été, « comme dans des cas similaires, irrégulier et arbitraire, en dépit de demandes régulières », ont-ils regretté.
De son côté, le secrétaire général du Conseil de l'Europe, Thorbjorn Jagland, a précisé qu'il allait demander aux autorités tous les détails du jugement et des preuves présentées contre Khadija Ismayilova, réitérant ses préoccupations au sujet des « lacunes systémiques dans le système judiciaire de l'Azerbaïdjan et de la tendance inquiétante » à la hausse des cas concernant des défenseurs des droits de l'homme et des journalistes, ce qui a un « effet dissuasif sur la liberté d'expression » dans le pays.
Arrêtée en décembre (EUROPE 11214), la journaliste à Radio Free Europe a travaillé, entre autres, sur la corruption au sein du régime et sur les violations des droits de l'homme. En mars 2012, elle avait été victime de discrimination (EUROPE 10578). Selon le Committee to protect journalists, l'Azerbaïdjan est le 5ème pays du monde où la presse est la plus censurée.
En août, ce sont les défenseurs des droits de l'homme Leyla et Arif Yunus qui ont été condamnés respectivement à huit ans et demi et sept ans de prison pour fraude, évasion fiscale et commerce illégal. (Camille-Cerise Gessant)