Bruxelles, 31/08/2015 (Agence Europe) - Dans le domaine de la sûreté ferroviaire, peu de mesures concrètes ont été annoncées à l'issue de la réunion de neuf ministres européens des Transports et de l'Intérieur convoquée samedi 29 août à Paris suite à l'attentat avorté du Thalys.
Ces mesures seront discutées lors de la réunion du LANDSEC, le groupe d'experts spécialisé en sûreté des transports terrestres, le 11 septembre (EUROPE 11375).
« Aucune percée n'a eu lieu réellement samedi, mais le point important de la réunion a été la volonté d'être prudent et d'apporter une réponse mesurée et proportionnée », s'est-on félicité du côté des institutions européennes. Une attitude qu'avait adoptée la Commission européenne au lendemain de l'attentat déjoué du 21 août, comme l'a rappelé Violeta Bulc le 29 août. « La sécurité et la sûreté des passagers, c'est notre première priorité. En même temps, il ne serait pas sage de sur-réagir. Il est essentiel qu'autant que possible les transports publics restent facilement accessibles », a déclaré la commissaire aux Transports.
Selon une source européenne, le groupe d'experts LANDSEC est le cadre le plus adapté pour prendre des mesures transfrontalières pour les lignes à grande vitesse. La Commission semble toutefois approuver l'initiative française de traiter la question dans un 1er temps au niveau intergouvernemental. Cette initiative n'intéresse pas les États membres au même degré, certains pays étant en effet dépourvus de voies à grande vitesse ou de réseaux ferroviaires.
Lors de la réunion de Paris, la Commission souhaitait avancer ses pions sur la question du recours plus systématique des caméras de vidéosurveillance dans les trains à grande vitesse (roulant à plus de 160 km/h), sur la mise en place de forces d'intervention dans les transports ferroviaires (les 'marshalls on train' à l'instar de ce qui se fait déjà dans le secteur aérien), par exemple en formant le personnel ferroviaire, et sur l'installation de dispositifs de contrôle différenciés en fonction du degré de risque à l'entrée des trains.
Or les mesures esquissées le 29 août par le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, montreraient que la Commission n'a été que partiellement entendue. Le ministre français a annoncé, en accord avec les ministres de l'Intérieur et des Transports des neuf États membres conviés, la mise sur pied de patrouilles mixtes, sur la base de l'actuelle RAILPOL, le réseau européen des forces de police ferroviaires.
Parmi les autres mesures énoncées figurent le contrôle de l'identité des passagers, l'inspection visuelle et le contrôle des bagages « lorsque cela est nécessaire » (voir autre nouvelle). La systématisation de ces contrôles pourrait en effet être considérée comme un contrôle aux frontières, ce qui contreviendrait au Code frontières Schengen, sauf s'il s'agit d'un contrôle commercial, a-t-on expliqué du côté de la Commission. Ce dispositif viendrait s'articuler avec la généralisation des billets nominatifs pour les trains internationaux longue distance. M. Cazeneuve a fait également mention du déploiement de nouvelles technologies de contrôle. Certains experts ont ainsi indiqué l'existence de scanners muraux qui pourraient examiner, en une fois, des groupes d'individus ainsi que le contenu de leurs bagages. Enfin, la Commission a rappelé une nouvelle fois qu'il n'était pas possible d'appliquer tel quel ce qui se faisait dans le domaine de la sûreté aérienne, chaque mode de transport ayant ses propres spécificités.
En plus de la convocation extraordinaire du LANDSEC, dont la 9e réunion était initialement prévue pour le 4 novembre, Mme Bulc, en lien avec le ministre des Transports luxembourgeois, François Bausch, a prévu d'inscrire la sûreté ferroviaire à l'ordre du jour du prochain Conseil Transports du 8 octobre, où par ailleurs le pilier 'politique' du 4ème paquet ferroviaire sera à l'ordre du jour (EUROPE 11333). (Pascal Hansens)