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Bulletin Quotidien Europe N° 11378
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) grÈce

Encore et toujours poursuivre les réformes, dit la Commission

Bruxelles, 31/08/2015 (Agence Europe) - La Commission européenne a rappelé, lundi 31 août, l'importance d'un plein soutien du programme d'ajustement économique grec.

Après la mise en place d'un gouvernement intérimaire pour mener la Grèce jusqu'aux élections anticipées du 20 septembre, la Commission s'est dite « heureuse de voir de la continuité dans les portefeuilles » ministériels clés, notamment celui des Finances, selon Margaritis Schinas, porte-parole de la Commission. « Un soutien large et une mise en oeuvre des réformes du programme en temps opportun seront nécessaires pour son succès », a-t-il ajouté. Sur son compte Twitter, le commissaire aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, avait déclaré vendredi qu'il avait « hâte de travailler avec le gouvernement provisoire pour maintenir la dynamique des réformes ».

Le parti Syriza du Premier ministre grec sortant, Alexis Tsipras, a indiqué lundi qu'il mettrait en oeuvre les engagements pris dans le cadre du 3ème plan d'assistance économique, mais qu'il était déterminé à trouver des mesures pour minimiser leur impact négatif et qu'il négocierait de manière ferme avec les créanciers d'Athènes, les parties de l'accord qui restent ouvertes, indiquent les plans du parti. M. Tsipras a, par ailleurs, indiqué dans un entretien à Realnews qu'il cherchait un mandat fort, « une majorité absolue pour un gouvernement Syriza ». La semaine dernière, et malgré le recul de Syriza par rapport au second parti, Nouvelle Démocratie, M. Tsipras a exclu un gouvernement de coalition avec les partis traditionnels.

Un dernier sondage du 30 août donne Syriza à 24,5% et Nouvelle Démocratie à 22,5%, les indécis représentant près de 15% des votants. Selon ce sondage, l'actuel partenaire de coalition de Syriza, les Grecs indépendants, n'obtiendrait pas les 3% requis pour siéger au parlement national. Le chef de file de Nouvelle Démocratie, Evangelos Meimarakis, s'est dit confiant, lundi, que son parti allait l'emporter. Lors d'une visite de campagne dans la région d'Aitolokarnania, dans l'ouest de la Grèce, M. Meimarakis a déclaré, cité par Kathimerini, que le vote de protestation n'était pas une solution. « Beaucoup ont voté Syriza en pensant qu'ils puniraient Nouvelle Démocratie, et ils ont fini par devoir payer 90 nouveaux milliards d'euros », a-t-il expliqué, en faisant référence au troisième plan d'aide signé par le gouvernement Syriza en août.

M. Tsipras a, pour sa part, déclaré s'être battu pour rester fidèle au mandat donné par le peuple grec, qui voulait rester dans l'eurozone.

Angela Merkel, allonger les maturités des prêts. Depuis Berlin, la chancelière allemande, Angela Merkel, a réitéré qu'il serait possible d'allonger les maturités des prêts accordés à la Grèce, mais pas réduire les taux d'intérêt. Vu les particularités des relations entre la Grèce et les fonds de sauvetage de l'eurozone, « il est légitime que nous ne demandions pas quel est le ratio de la dette par rapport au PIB mais quel est le fardeau réel de la Grèce en termes de service de la dette, les 15% pourraient être un paramètre métrique ». Selon le FMI en effet, pour qu'une dette publique reste viable, les besoins bruts en financement d'un pays doivent rester sous 15% du PIB (EUROPE 11338 et 11357). Mme Merkel a dit s'attendre à ce que le service de la dette grecque reste significativement sous 15% jusqu'en 2022 ou 2023, citant l'analyse de la trajectoire de la dette de la Commission (EUROPE 11375). « Quand les remboursements commenceront, il faudra s'assurer que le fardeau reste sous ce seuil de 15% », a-t-elle expliqué. Selon l'analyse de la Commission, pendant la période 2020-2030, les besoins bruts en financement resteront en moyenne autour de 12%, mais dépasseront le seuil de 15% les décennies suivantes.

Cette idée de regarder le service de la dette plutôt que le ratio dette/PIB n'est pas nouvelle, et même si le directeur général du MES, Klaus Regling, l'a petit à petit amené sur la table, elle émane à l'origine de l'agence de gestion de la dette grecque (EUROPE 11064). Plus récemment, un responsable du gouvernement Syriza avait indiqué à EUROPE qu'il convenait d'agir sur le service de la dette. (Élodie Lamer)

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