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Bulletin Quotidien Europe N° 11378
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INSTITUTIONNEL / (ae) royaume-uni

Nouvel appel à revoir les règles de libre circulation

Bruxelles, 31/08/2015 (Agence Europe) - La ministre britannique de l'Intérieur, Theresa May, a souligné, dimanche 30 août, dans une tribune, au Sunday Times que les règles européennes de libre circulation devaient être revues pour ne donner le droit de s'installer dans un autre État membre qu'à ceux qui ont un travail.

« Réduire la migration nette de l'UE ne signifie pas nécessairement porter atteinte au principe de libre circulation. Quand elle a été inscrite pour la première fois, la libre circulation signifiait la liberté de se déplacer pour un emploi, pas la liberté de franchir les frontières pour chercher du travail ou revendiquer des avantages », écrit la responsable.

La ministre a également indiqué que la migration de travail intra-UE comportait également des aspects négatifs, notamment en 'drainant' le personnel qualifié des pays plus pauvres. Selon elle, le Portugal a perdu un tiers de ses infirmières, la République tchèque serait en train de perdre un cinquième de ses diplômés en médecine et la Bulgarie perdrait 500 médecins par an, a-t-elle argumenté.

Critiques de Schengen

La ministre a aussi préconisé que les étudiants étrangers quittent le Royaume-Uni une fois leurs études terminées. Dans cette tribune, Mme May a également évoqué les règles de l'espace Schengen et la crise migratoire actuelle, jugeant que les règles de l'espace de libre circulation constituaient un « facteur d'attraction » pour les migrants en provenance du Moyen-Orient et d'Afrique et que les principaux bénéficiaires de ce « système migratoire européen cassé » étaient les gangs de passeurs.

Pour Mme May, ces tragédies sont « exacerbées » par les règles de Schengen qui reposent sur l'absence de contrôles aux frontières entre les pays qui en sont membres. « C'est une piqûre de rappel pour l'UE », a-t-elle argué.

Les commentaires de Mme May interviennent à quelques jours d'une visite du Premier ministre, David Cameron, au Portugal et en Espagne dans le cadre de sa tournée européenne visant à préparer le référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'UE, scrutin dont la date oscille encore entre mi-2016 et 2017.

Dans une interview donnée à Euractiv lundi 31 août, le Premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel, dont le pays assure la Présidence du Conseil de l'UE jusqu'à fin décembre, a jugé que certaines demandes de Londres, notamment en ce qui concerne l'efficacité de l'UE et sa compétitivité, devaient être positivement accueillies. « J'y adhère pleinement », a-t-il réagi. Toutefois « cela ne signifie pas que ce qui est meilleur pour le Royaume-Uni l'est aussi pour le reste de l'UE », a-t-il nuancé.

« Je ne peux pas imaginer une UE sans le Royaume-Uni et je ne peux pas imaginer un Royaume-Uni sans l'UE », a-t-il aussi commenté.

Sur l'approfondissement de l'intégration européenne, le Premier ministre s'est encore dit assez réticent à l'idée de mettre en place une Europe à la carte. « Je ne suis pas en faveur d'une Europe à la carte, où vous pouvez choisir ce que vous voulez et laisser ce que vous voulez », a-t-il insisté, en faisant allusion au souhait du Royaume-Uni d'être exempté du principe inscrit dans les Traités d'aller vers « une Union toujours plus étroite ». (Solenn Paulic)

 

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