Bruxelles, 27/08/2015 (Agence Europe) - La chancelière allemande, Angela Merkel, a de nouveau appelé ses homologues européens, lors d'un Sommet spécial sur les Balkans occidentaux, jeudi 27 août à Vienne (voir autre nouvelle), à résoudre la crise migratoire « dans un esprit de solidarité ».
Alors que l'Autriche a été frappée par un fait divers sordide le matin même, 50 migrants entrés illégalement dans le pays ayant été trouvés morts dans un camion, la chancelière a appelé ses homologues européens à se rappeler qu'ils ont su créer la paix en Europe et, récemment, qu'ils ont su régler la crise économique et financière. « Tout le monde connaît la situation en Syrie », a clamé Mme Merkel, estimant qu'il revient à l'UE de venir en aide à ces réfugiés et de les abriter.
L'Autriche a également demandé un plan d'action de l'UE, tout comme le ministre des Affaires étrangères de l'Ancienne république yougoslave de Macédoine, Nikola Poposki, qui a jugé qu'à « moins qu'il y ait une réponse européenne à la crise, il ne faut pas avoir d'illusion qu'elle sera réglée ». Le ministre serbe des affaires étrangères, Ivica Dacic, a, lui, demandé à l'UE à partir de quand elle “établira des contrôles et empêchera les migrants d'aller vers la Serbie et la Macédoine (ARYM) ».
Les pays des Balkans occidentaux et surtout l'ARYM et la Serbie sont actuellement débordés par les des arrivées de réfugiés syriens, irakiens, érythréens ou afghans qui arrivent d'abord en Grèce, puis dévient vers l'Ancienne république yougoslave de Macédoine ou la Serbie pour tenter encore de revenir dans l'UE, notamment par la Hongrie.
Certains responsables des pays des Balkans occidentaux ont rappelé jeudi qu'ils avaient besoin de davantage d'aide. « Je dois être ici très direct. Nous portons l'essentiel du fardeau », a affirmé le ministre serbe Ivica Dacic. « Je pense que l'Union européenne doit proposer un plan d'action et puis nous demander de nous y joindre », a-t-il ajouté. Berlin a annoncé, pour sa part, lors de cette conférence, le versement d'une aide d'un million d'euros aux pays des Balkans pour gérer les afflux de réfugiés.
La chancelière allemande a assuré, lors de cette conférence, que « nous trouverons une solution pour se répartir la charge de manière équitable » et que les Européens en discuteraient urgemment, cela alors que, fin juillet, les États membres n'avaient pas encore réussi à s'accorder sur les propositions de la Commission visant à relocaliser 40 000 personnes depuis la Grèce et l'Italie vers d'autres pays européens (EUROPE 11363).
Les Balkans occidentaux sur la liste des pays sûrs
Concernant la situation spécifique des Balkans occidentaux, qui sont non seulement des pays de transit des réfugiés pour entrer dans l'UE, mais dont les nationaux peuvent aussi 'abuser' des régimes de libéralisation des visas pour demander l'asile dans l'UE, la chancelière a également indiqué qu'une entente avait été trouvée sur la constitution d'une liste de pays sûrs. Celle-ci aurait pour conséquences d'invalider rapidement les demandes d'asile des ressortissants serbes, albanais , monténégrins ou encore kosovars tentant de demander la protection dans l'UE et aura comme postulat de départ que les pays candidats à l'UE doivent être très logiquement considérés comme des pays sûrs.
La Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini, a confirmé que l'exécutif européen préparait cette liste ainsi qu'un mécanisme permanent de relocalisation des réfugiés qui permettra, à l'avenir, d'autoriser une dérogation exceptionnelle aux règles de Dublin dès qu'une crise migratoire surgira. Il n'est toutefois pas certain que les États membres acceptent un tel dispositif alors qu'ils n'ont pas encore accepté la proposition actuelle de relocaliser 40 000 personnes sur leur territoire.
Cette liste de pays sûrs, qui ne concernera que les ressortissants des Balkans occidentaux, ne règlera toutefois qu'une partie du problème migratoire, mais devrait néanmoins permettre à certains pays européens de soulager leur système d'asile. En Allemagne, près de 40 % des demandes d'asile sont du fait de ressortissants de ces pays des Balkans occidentaux et sont rejetées dans leur quasi intégralité. (Solenn Paulic)