Bruxelles, 27/08/2015 (Agence Europe) - Le Premier ministre sortant de la Grèce, Alexis Tsipras, a balayé d'un revers de la main, mercredi 26 août, la possibilité de former une coalition avec les partis traditionnels (Nouvelle Démocratie, Pasok, To Potami) au sortir des élections, dont la date devait en principe être formellement annoncée jeudi 27 août.
« Je ne deviendrai pas Premier ministre d'un gouvernement de coalition » avec Nouvelle Démocratie, Pasok ou To Potami, a déclaré M. Tsipras dans une interview à Alpha TV, cité par Associated Press. « Je pense que ces trois partis représentent l'ancien système politique », a-t-il ajouté. Quant à l'éclatement de Syriza, il a estimé que c'était « une triste issue », mais pas « inattendue ».
Les défections se sont par ailleurs poursuivies, dans les rangs de Syriza, avec la démission de 53 membres du comité central (sur 201). La plupart d'entre eux devrait rejoindre le parti Unité populaire, formé par une vingtaine de dissidents de Syriza et mené par l'ancien ministre de l'Énergie, Panagiotis Lafazanis. Ce 'groupe des 53' reproche notamment à M. Tsipras d'avoir appelé à des élections anticipées sans avoir au préalable consulté le comité central de Syriza.
Un Premier ministre intérimaire devait être nommé jeudi soir et les élections formellement convoquées après que le chef d'Unité Populaire aura épuisé son délai pour tenter de former un gouvernement.
L'ancien ministre des Finances, Yanis Varoufakis, a déjà annoncé qu'il ne se présenterait pas aux élections. Dans une discussion avec des représentants du monde académique, dont la retranscription a été publiée jeudi, il a estimé que M. Tsipras avait transformé le « non courageux » des électeurs grecs au référendum en une « capitulation ».
Sur Alpha TV, M. Tsipras a défendu sa décision d'accepter un accord douloureux avec la zone euro. Un abandon de la monnaie unique aurait été, selon lui, un désastre. Il a également tenu des propos plutôt durs envers son ancien ministre des Finances, qu'il a accusé d'avoir perdu toute crédibilité face aux représentants des créanciers d'Athènes (FMI, Commission, BCE).
La Grèce a dû accepter des mesures douloureuses en échange d'une troisième assistance financière de 86 milliards d'euros (EUROPE 11372). Le Mécanisme européen de stabilité (MES) ne devrait pas fournir, seul, cette aide. Du second plan d'aide du FMI, il restait 16 milliards d'euros. Le directeur général du MES, Klaus Regling, a d'ailleurs répété, jeudi, qu'il s'attendait à une participation du FMI à ce 3ème plan d'aide. « Jusqu'à 16 milliards est quelque chose que je pourrais imaginer », a-t-il indiqué. Lors de l'Eurogroupe qui avait validé le 3ème plan d'aide, le ministre français, Michel Sapin, avait expliqué que le FMI n'avait donné aucun signal sur la disponibilité de cette enveloppe de 16 milliards. Le FMI prendra sa décision à l'automne. (Elodie Lamer)