Bruxelles, 27/04/2015 (Agence Europe) - Les disparités socio-économiques se renforcent entre le centre et la périphérie de l'Europe, selon un compte rendu d'analyse publié mardi 4 août par la Conférence des régions périphériques maritimes (CRPM).
L'étude repose sur une analyse des statistiques des PIB régionaux pour 2012 et 2013 réalisée par la CRPM. « Sur le plan régional, si les dernières statistiques de PIB régional ont été utilisées pour calculer l'admissibilité régionale aux les Fonds structurels, 32 régions devraient changer de catégorie de région: 31 d'entre elles descendraient d'une catégorie, tandis qu'une seule monterait », peut-on lire sur le communiqué de presse de la CRPM. L'une des régions qui a connu le déclassement le plus spectaculaire serait celle portugaise de Madère, qui est passée de la catégorie des « régions les plus développées » à la celle des « régions les moins développées ».
Par ailleurs, les écarts se sont creusés au sein d'un même État membre, notamment au Royaume-Uni, en Italie, aux Pays-Bas, en Grèce et au Portugal, pays qui ont connu le plus grand nombre de changements de catégorie régionale. Certains États membres affichent une croissance négative dans toutes leurs régions, à l'instar de l'Espagne, la Grèce, le Portugal, Chypre, le Luxembourg, la Slovénie, l'Irlande, la Finlande et la Croatie.
Au contraire, certains États membres affichent une excellente santé économique, comme la Pologne, l'Autriche, la Roumanie, la Slovaquie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, la Bulgarie, l'Estonie ou encore Malte. L'Allemagne, la Belgique, la République tchèque ont enregistré une croissance régionale globalement positive, tandis que le Danemark, la France, l'Italie, les Pays-Bas, la Suède et le Royaume-Uni présentent un tableau plus nuancé. À l'exception de l'Autriche, tous les États membres qui ont connu une croissance dans l'intégralité de leurs régions sont ceux appartenant aux vagues d'élargissement de 2004 et 2007.
La Commission européenne devrait recalculer au printemps 2016 les attributions des fonds structurels sur la base des statistiques de 2012 et 2013 (et certainement 2014), ce qui aura pour conséquence certains réajustements des fonds alloués aux États membres et régions afin de compenser les effets de la crise. Toutefois, les ajustements ne peuvent pas excéder 4 milliards d'euros. Il est à noter que les réformes territoriales actuellement en cours en France auront un impact sur l'éligibilité des régions françaises dans le cadre de la politique de cohésion.
L'éligibilité à la politique de cohésion est calculée sur la base du PIB régional (niveau NUTS II) croisé avec le Standard de pouvoir d'achat (SPA). En règle générale, une moyenne triennale est prise en compte pour déterminer la catégorie d'appartenance de la région (plus développée, en transition, moins développée). (Pascal Hansens)