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Bulletin Quotidien Europe N° 11373
ÉCONOMIE - FINANCES / (ae) grÈce

Les groupes politiques du PE ravis par la requête d'Alexis Tsipras

Bruxelles, 24/08/2015 (Agence Europe) - Plusieurs groupes politiques du Parlement européen ont accueilli favorablement la requête du Premier ministre grec, Alexis Tsipras, visant à impliquer directement le Parlement européen dans l'évaluation de la mise en oeuvre du 3ème plan de sauvetage de la Grèce.

La lettre écrite la semaine dernière par M. Tsipras au Président du PE, Martin Schulz, n'explicite pas clairement la nature de l'implication potentielle de l'institution européenne. D'une part, il évoque un PE participant en tant que « 5ème membre du Quartet » (i.e. aux côtés de la Commission, de la BCE, du FMI et du Mécanisme européen de stabilité) et, d'autre part, il mentionne le règlement 472/2013 sur le renforcement de la surveillance économique et budgétaire.

« Une telle implication (du PE) est institutionnellement envisagée dans ce règlement », explique M. Tsipras, dans sa lettre dont EUROPE a eu copie. Ce que dit le texte de ce règlement est que la surveillance renforcée, y compris dans le cadre d'une assistance du Mécanisme européen de stabilité (ou d'un autre bras financier de la zone euro ou des Vingt-huit), doit inclure « des rapports réguliers à la commission compétente du Parlement européen ». Du côté grec, on ne donne pas plus de précisions sur ce que M. Tsipras a en tête, mais Guy Verhofstadt, chef du groupe ADLE au PE, y a vu un soutien à ses propres demandes. En juillet dernier, l'ancien premier ministre belge avait proposé à la conférence des présidents du PE une surveillance systématique des plans de réformes par le Parlement. « Cela pourrait être fait via des exercices mensuels en commission économique du PE (avec la présence du ministre grec des Finances, du Président de l'Eurogroupe, de la Commission et de la BCE) », avait, en juillet, indiqué M. Verhofstadt.

Le co-président du groupe des Verts/ALE, Philippe Lamberts, estime également qu'il faut un plus grand pouvoir de supervision du PE. Il appelle le président Schulz à entamer des discussions sur ce point avec le Conseil et la Commission.

« Le Parlement européen doit être totalement et directement impliqué dans le processus de suivi » de la mise en oeuvre du programme, a surenchéri le chef de file du groupe S&D, l'Italien Gianni Pittella, dans un communiqué. « Donner ce rôle au Parlement tournerait la page de la 'troïka' en faveur d'une nouvelle approche communautaire et démocratique, renforçant grandement la légitimité démocratique des prochains accords » d'assistance financière, a-t-il ajouté.

Le groupe de la GUE/NGL estime, quant à lui, que le PE a jusqu'ici été exclu ou marginalisé dans la planification et le processus décisionnel des programmes d'aide, de leur mise en oeuvre et de leur suivi. Le groupe a également écrit à Martin Schulz pour affirmer son soutien à M. Tsipras.

Le groupe PPE n'a quant à lui pour l'heure pas réagi, malgré nos sollicitations.

Du côté du Parlement, on indique que la requête de M. Tsipras sera discutée en conférence des présidents de groupe du PE, le 3 septembre, ainsi que l'étendue de l'éventuel rôle du Parlement. (Élodie Lamer)

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