Bruxelles, 24/08/2015 (Agence Europe) - La Commission européenne a défendu une nouvelle fois, lundi 24 août, l'Espace Schengen alors qu'un acte qualifié de terroriste, perpétué dans le train international Thalys reliant Amsterdam à Paris, vendredi 21 août, a soulevé de nouvelles mises en cause des règles de libre circulation des personnes.
La Commission européenne a dénoncé cet acte de terrorisme et assuré lundi être en contact régulier avec les autorités nationales et l'agence de coopération policière Europol. Néanmoins, les règles de Schengen constituaient une liberté fondamentale et restaient « non-négociables », a réagi le porte-parole de l'institution européenne, Christian Wigand.
Vendredi 21 août, un jeune Marocain connu des services de police de plusieurs États membres, étaient monté lourdement armé à bord d'un train Thalys en gare de Bruxelles et il avait ouvert le feu sur les voyageurs avant d'être maîtrisé par plusieurs passagers, notamment américains, sans faire de victimes.
Dans la foulée des événements, le Premier ministre belge, Charles Michel, avait suggéré que les règles européennes de libre circulation, déjà questionnées dans le contexte des flux migratoires par Berlin, soient adaptées à la menace, le responsable belge évoquant « une adaptation et de nouvelles règles lors de contrôles des identités et des bagages ».
Selon la Commission, le Code frontières Schengen actuel offre des possibilités suffisantes pour répondre aux menaces. En cas de grave menace à la sécurité intérieure, la réintroduction exceptionnelle de contrôles aux frontières sur une période de 30 jours maximum est, par exemple, possible. Chaque semestre, la Commission publie d'ailleurs dans un rapport les notifications de contrôles exceptionnels que lui soumettent les États membres. Le porte-parole de la Commission a toutefois précisé que ces contrôles devaient être ciblés et ne pouvaient en aucun cas avoir le même effet que des contrôles frontaliers. « Il ne peut y avoir des contrôles partout, pour tous les trains, tout le temps », a-t-il souligné, prônant une approche « proportionnée ».
Parallèlement aux aspects liés à la sécurité intérieure, les discussions sont aussi lancées sur le volet transport et notamment la sécurité dans les trains (voir autre nouvelle). Lundi, la Commission a d'ailleurs reconnu que les règles européennes étaient moins avancées dans le domaine ferroviaire que dans les secteurs maritimes et aériens. Un Conseil 'Transports' pourrait, en octobre, évoquer de nouvelles pistes législatives.
Une réunion des ministres de l'Intérieur et des Transports des quatre pays concernés par l'attentat avorté du Thalys, telle que préconisée par M. Michel, pourrait avoir lieu samedi 29 août à Paris, selon une source européenne. Il reviendra à la Présidence luxembourgeoise du Conseil de décider si une réunion européenne similaire est nécessaire. (Solenn Paulic)