Bruxelles, 24/08/2015 (Agence Europe) - Outre les questions liées à l'Espace Schengen (voir autre nouvelle), l'attentat avorté du Thalys met en exergue les déficiences en matière de sûreté propres aux transports ferroviaires, même si la Commission européenne plaide pour une approche proportionnée.
Nombre de commentateurs politiques et médias s'interrogent sur la nécessité de renforcer les contrôles avant la montée dans les trains, par exemple en installant des portiques et des scanners corporels, à l'instar de ce qui se fait déjà dans les aéroports. Sur ce point, la Commission européenne temporise et veut éviter les annonces tonitruantes. « Nous devons apporter une réponse, mais la question de la proportionnalité est primordiale », a ainsi répété le porte-parole aux Transports, Jakub Adamowicz, lundi 24 août. « Il faut prendre en compte les spécificités de chaque mode de transports », a-t-il ajouté, tout en admettant que les secteurs aérien et maritime étaient en avance dans le domaine.
D'après le porte-parole, la question de la sûreté ferroviaire sera abordée en priorité lors du Conseil 'Transports' le 8 octobre, réunion au cours de laquelle la Présidence luxembourgeoise du Conseil souhaite engranger un accord politique de principe sur le pilier politique du 4ème paquet ferroviaire (EUROPE 11365). Par ailleurs, le LANDSEC, un groupe d'experts européens chargé depuis 2012 des questions de sécurité et de sûreté dans les transports terrestres, devrait se réunir prochainement, au lieu du 4 novembre initialement programmé, en vue de préparer la réunion du Conseil 'Transports' d'octobre.
Les transports ferroviaires: un cas particulier
À ce jour, les États membres ont fait preuve d'un appétit mesuré en matière de sûreté ferroviaire, indique-t-on à la Commission. Selon une source européenne, il est parfaitement possible, du point de vue légal, d'installer des dispositifs de contrôle dans toutes les gares, mais cela révélerait très difficile et particulièrement coûteux. Eurotunnel est un cas particulier, étant donné que le Royaume-Uni ne fait pas partie de l'Espace Schengen. De tels dispositifs ne seraient efficaces que s'ils sont étendus à l'intégralité du réseau ferroviaire, et non aux seules lignes internationales à grande vitesse, selon cette même source.
Par ailleurs, la base juridique permettant à l'UE d'agir en matière de sûreté ferroviaire est plutôt limitée. Elle ne reposerait que sur une seule disposition (article 26) du règlement (1371/2007) portant sur la sécurité personnelle des voyageurs.
Enfin, il n'y a pas d'agence européenne dédiée à la sécurité et à la sûreté ferroviaires, contrairement à ce qui existe dans le secteur aérien. « Un projet qui est dans les cartons de la Commission de longue date », explique-t-on du côté des institutions européennes, qui espèrent que la catastrophe évitée de justesse puisse remettre le projet à l'ordre du jour. (Pascal Hansens)