Bruxelles, 24/08/2015 (Agence Europe) - La proportion de jeunes quittant prématurément l'école dans l'UE est sensiblement plus élevée chez les citoyens de pays hors Union européenne que chez les nationaux des États membres, indiquent les dernières statistiques d'Eurostat. Un constat préoccupant alors que l'éducation permet aux migrants non seulement d'acquérir les compétences nécessaires à une insertion fructueuse sur le marché du travail, mais contribue également à leur participation active grâce à la transmission de la culture et des valeurs du pays dans lequel ils s'installent.
L'Office statistique de l'UE a présenté le 21 août une sélection d'indicateurs relatifs à l'intégration des migrants en matière d'éducation. Ces données viennent compléter d'autres statistiques sur l'intégration des migrants dans l'Union européenne portant notamment sur le marché du travail, l'exclusion sociale, le risque de pauvreté et le logement. En matière d'intégration des migrants dans le domaine de l'éducation, les statistiques révèlent, pour un large éventail d'indicateurs, des différences considérables dans l'Union européenne entre citoyens de pays hors UE et ressortissants de l'UE. Par exemple, le nombre de jeunes quittant prématurément le système éducatif et de formation est, chez les migrants, deux fois plus élevé que chez les nationaux. Ces jeunes ressortissants non UE ont également, par conséquent, bien plus de risques de se retrouver sans emploi.
Les principales conclusions d'Eurostat sont les suivantes (pour l'année 2014):
un quart des citoyens non UE âgés de 18 à 24 ans ont quitté le système prématurément. La probabilité d'abandon scolaire est deux fois plus élevée chez les ressortissants de pays hors UE que chez les ressortissants UE. Un jeune (18-24 ans) non européen sur quatre (25,5%) a mis fin prématurément à ses études ou à sa formation contre 10,2% des nationaux et 19,2% des citoyens d'un autre État membre ;
plus de 20% des jeunes citoyens de pays hors UE (20,6%) ne suivent pas d'études, de formation, ou ne travaillent pas (jeunes « NEET »). Chez les ressortissants nationaux ce taux est de 12% et de 15,5% pour les ressortissants d'un autre État membre ;
près d'un tiers des citoyens non UE de 30 à 34 ans sont diplômés de l'enseignement supérieur (30,2%). Pour les ressortissants nationaux et d'un autre pays membre de l'UE, ce taux est, respectivement, de 38,5% et 39,3% ;
un niveau d'éducation faible prévaut parmi les citoyens non UE vivant dans l'UE. Plus de 40% (43,9%) des ressortissants de pays hors UE âgés de 18 à 64 ans avaient un niveau d'éducation faible, tandis que cette proportion s'établissait à 23,4% chez les ressortissants nationaux et 25,9% chez ceux d'un autre État membre. (Isabelle Lamberty)