Bruxelles, 26/06/2015 (Agence Europe) - La réunion des ministres des Affaires étrangères des pays arabes et méditerranéens qui s'est tenue mercredi 24 juin à Beyrouth à l'initiative du Liban, en préalable à la révision de la Politique européenne de voisinage (PEV) et avec l'appui de la Commission européenne, s'est terminée sur l'affirmation du lien particulier qui unit l'UE à ses partenaires de la rive sud et est de la Méditerranée. Étaient présents, du côté de l'UE, Johannes Hahn, commissaire européen en charge du dossier, et Jean Asselborn, ministre luxembourgeois des Affaires étrangères dont le pays présidera le Conseil de l'UE dès le 1er juillet prochain, ainsi que les secrétaires généraux de la Ligue arabe et de l'Union pour la Méditerranée (UpM).
Dans un document conclusif communiqué au commissaire, l'accent a été mis sur une triple démarche qui consisterait à: a) confirmer l'intérêt de la relation globale euro-arabe et de la renforcer dans une visée stratégique au service de la stabilité de la « région commune » ; b) sauvegarder les rapports bilatéraux que chaque partenaire doit gérer conformément à ses besoins spécifiques ; c) contribuer ensemble à la solution des conflits qui minent la région et, en premier lieu, le conflit du Proche-Orient, à propos duquel l'UE est priée de jouer un rôle actif et non neutre dans ce dossier.
Pour le ministre libanais, Gebran Bassil, hôte de la réunion, la révision de la PEV « doit se concentrer sur les défis essentiels » à traiter « dans l'immédiat sans perdre de vue la nécessité, à long terme, de mettre en place les conditions d'une prospérité partagée » et en prenant en compte la « dimension culturelle » des relations entre les parties. En effet, assure-t-il, l'établissement de la compréhension aidera à combler les lacunes constatées au plan politique et sécuritaire, le rapprochement des cultures étant, selon lui, une des principales clés pour affronter les défis auxquels sont confrontés les riverains, y compris l'UE qui fait face à des menaces sécuritaires et à une migration incontrôlée. Le ministre a aussi évoqué le contexte régional, notamment en Syrie, qui pèse sur la stabilité de son pays.
Il a ensuite affirmé que le Liban « veille à jouer aux côtés de ses frères arabes un rôle de premier plan » dans le processus de révision de la PEV, fort de sa « croyance dans l'importance d'un rôle actif de l'UE au sud de la Méditerranée ». Cet engagement est dû aussi à « l'intérêt de relever collectivement les graves défis qui s'imposent à tous » et d'agir de concert pour « créer une zone d'importance stratégique politiquement, économiquement ». Le ministre a aussi souligné le caractère complémentaire de la relation globale euro-arabe et les rapports bilatéraux qui sont la caractéristique, dit-il, de la PEV. La présence du secrétaire général de la Ligue, Nabil el-Arabi, marque « symboliquement » cette volonté.
Le secrétaire général de l'UpM, Fathallah Sijilmassi, a retenu de la réunion que les participants « ont réaffirmé l'importance de l'UpM » dans la conduite de la coopération entre les deux parties et qu'ils ont « exprimé leur appui » à son Secrétariat. Les responsables ont en effet « souligné la nécessité d'un financement accru pour les projets 'labellisés' dans le cadre de l'UpM ». Il a lui aussi souligné «la nécessité de renforcer davantage la dimension régionale ainsi que le principe de la co-appartenance et de tirer avantage des synergies et des complémentarités » existantes dans la région.
« J'ai été favorablement impressionné par l'engagement fort » exprimé lors de la conférence et par « les recommandations adoptées », a déclaré le commissaire Hahn dans un entretien publié par le quotidien en langue arabe Al Nahar. Dans une déclaration recueillie par le quotidien de langue française L'Orient-le-jour, le commissaire Hahn a rappelé les étapes du processus de consultations, dans les pays comme à l'échelle régionale: « Nous avons insisté au cours de nos réunions et de nos discussions sur les secteurs essentiels liés à l'économie, à l'énergie, à la sécurité, au pouvoir », a-t-il dit. « Nous sommes soucieux de renforcer le dialogue autour de ces secteurs afin d'offrir le meilleur aux citoyens ». Il a, selon le journal, évoqué notamment l'importance de créer des emplois pour les jeunes et de renforcer les échanges d'étudiants entre nord et sud, dans les deux directions, insistant au passage sur la formation professionnelle. M. Hahn a par ailleurs souligné que « l'élaboration de la nouvelle politique de voisinage sera finalisée en 2016 et les discussions porteront, entre autres, sur la manière de rendre le système plus rapide et efficace », note L'Orient-le-jour. (Fathi B'Chir)