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Bulletin Quotidien Europe N° 11342
ÉCONOMIE - FINANCES / (ae) grÈce

L'Eurogroupe ajourné, les négociations se poursuivent

Bruxelles, 24/06/2015 (Agence Europe) - Les brèves discussions au niveau de l'Eurogroupe entre la Grèce et ses créanciers institutionnels n'ont pas abouti, mercredi 24 juin en début de soirée, aux résultats espérés, à savoir un accord qui arrêterait les réformes que la Grèce appliquerait dans le cadre de son plan de sauvetage financier afin d'éviter, fin juin, un défaut de paiement et, peut-être, une sortie de la zone euro.

« On a juste informé les ministres des Finances de l'état des lieux des discussions », a déclaré le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, à l'issue de la réunion des ministres des Finances de la zone euro, la 3ème en moins d'une semaine. Il s'est « déterminé » à tout faire pour parvenir à une solution. « On n'a pas atteint d'accord ; on continue à travailler », a renchéri le commissaire aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici. « On n'avait rien sur la table, car les négociations continuent avec les institutions. On espère avoir une proposition concrète d'ici demain à 13h », a critiqué le ministre finlandais des Finances, Alexander Stubb.

S'il n'a pas discuté au fond, l'Eurogroupe serait toutefois prêt à s'accorder sur l'extension du programme.

Une nouvelle réunion des ministres des Finances se tiendra, ce jeudi 25 juin à partir de 13h00, quelques heures avant l'ouverture d'un sommet européen à l'agenda déjà copieux (voir autres nouvelles). Alors qu'ils avaient négocié en vain toute l'après-midi au siège de la Commission européenne, le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, et les créanciers d'Athènes représentés par les présidents de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, de la BCE, Mario Draghi, et de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, ainsi que la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, devaient reprendre leurs travaux, mercredi soir à partir de 23 heures.

Les autorités grecques ont affirmé être venues négocier sur la base de leurs propositions soumises lundi et que les 'institutions' avaient considérées être une bonne base de discussions, dans un communiqué relayé par The Guardian (EUROPE 11340). « Les institutions, pour leur part, ont mis sur la table une nouvelle proposition qui transfère le fardeau de l'austérité sur les salariés et retraités d'une manière socialement injuste et en même temps qui suggère des mesures pour éviter l'augmentation du fardeau sur ceux qui devraient le porter », ont-elles critiqué, ajoutant que la Grèce ne pouvait accepter un tel changement de cap.

Plus tôt dans la journée, avant son arrivée à Bruxelles, M. Tsipras avait déclaré via son compte Twitter que « le rejet répété des mesures équivalentes (à celles initialement envisagées, NDLR) par certaines 'institutions' » n'avait « jamais eu lieu auparavant, ni au Portugal, ni en Irlande », deux pays ayant été soumis à un plan de sauvetage financier de la zone euro et du FMI. « Cette position étrange semble indiquer que, soit il n'y a pas d'intérêt à trouver un accord, soit que des intérêts particuliers sont soutenus », avait-il ajouté.

Avant que M. Tsipras les rejoigne, les représentants des 'institutions' s'étaient réunis pour définir une position commune. Les 'institutions' avaient transmis un document annotant les propositions grecques. Un des points d'achoppement, déjà évoqué par des sources lundi, concerne l'équilibre général du paquet de réformes, qui ne serait pas suffisamment favorable à la croissance ('growth friendly'), selon les créanciers d'Athènes. Le FMI estimerait que le plan repose excessivement sur des augmentations de taxes et pas assez sur des coupes franches dans les dépenses, notamment en ce qui concerne les retraites. Les 'institutions' demandent en outre que la refonte du système des retraites débute au 1er juillet 2015, alors que les Grecs veulent attendre jusqu'à fin octobre. La Grèce veut augmenter l'impôt sur les sociétés à 29%, mais les 'institutions' estiment qu'il ne faut pas aller au-delà de 28% (contre 26% actuellement). Sur la TVA, il reste un léger écart entre les objectifs de recettes de la Grèce (0,74% du PIB) et des 'institutions' (1%). Athènes a réduit le nombre de produits exemptés du taux de 23% de TVA dans sa proposition, les créanciers souhaitant que la restauration et l'hôtellerie soient aussi soumises à ce taux. Sur la TVA applicable dans les îles, la Grèce se serait dans un premier temps engagée à supprimer les réductions mais, selon le Financial Times, elle serait revenue sur sa promesse. Les 'institutions' souhaiteraient, par ailleurs, que soit doublé (400 millions d'euros au lieu de 200 millions proposés par les Grecs) l'objectif de coupes dans les dépenses liées à la défense.

Il semble que le gouvernement grec aurait un nombre de voix suffisantes pour faire passer un accord au parlement national, mais l'Eurozone estime que le Premier ministre grec doit pouvoir garder sa majorité politique au-delà de ce vote. Désireux que la Grèce scelle un accord avec ses créanciers, le chef du parti centriste d'opposition To Potami, Stavros Theodorakis, était à Bruxelles, le 24 juin, où il a rencontré le commissaire Pierre Moscovici. (Elodie Lamer avec Camille-Cerise Gessant)

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