Bruxelles/Riga, 22/05/2015 (Agence Europe) - Le Premier ministre britannique, David Cameron, a indiqué qu'il allait « sérieusement entamer les discussions » avec les autres leaders européens sur la « réforme de l'UE et la renégociation de la relation du Royaume-Uni avec elle », jeudi 21 mai dans la soirée à l'entame du Sommet pour le Partenariat oriental à Riga.
« La dernière fois que j'ai rencontré les leaders européens, j'espérais donner au peuple britannique son mot à dire sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'UE. Maintenant ce référendum va définitivement se tenir ». David Cameron a toutefois précisé que « les discussions ne seront pas faciles. Elles ne seront pas rapides. Il y aura des points de vue différents et des désaccords tout le long. Mais en travaillant ensemble dans un bon esprit et en nous y conformant, je pense que nous pourrons trouver des solutions qui répondent aux préoccupations des Britanniques et améliorent l'UE dans son ensemble. Après tout, nous ne sommes pas seuls à vouloir que l'UE fonctionne mieux pour les gens dans toute l'Europe. Et c'est ce que je suis déterminé à faire », a déclaré le Premier ministre conservateur.
C'est mercredi 27 mai, à l'occasion du discours de la Reine, que doit être publiée la loi permettant l'organisation du référendum britannique. Le 21 mai, à Londres, David Cameron a également réitéré certaines de ses demandes, en l'occurrence celles qui visent à limiter l'accès aux prestations sociales des travailleurs migrants européens, un sujet qu'il veut aussi mettre dans la renégociation avec l'UE.
Dans un discours sur l'immigration globale au Royaume-Uni, le Premier ministre a en effet répété que les « changements aux allocations sociales pour limiter la migration intra-européenne seront une condition indispensable à la renégociation ».
Interrogés à leur arrivée au Sommet, plusieurs leaders européens ont tenu à souligner qu'ils attendaient de voir ce que M. Cameron compte obtenir. C'est ce qu'a fait notamment la Danoise Helle Thorning-Schmidt qui s'est réjouie de la réélection du dirigeant et qui a souligné que la première étape serait d'« écouter ce qu'il a à dire ». Le ministre irlandais des Affaires européennes, Dara Murphy, a, pour sa part, indiqué que MM. Kenny et Cameron se rencontreraient début juin et a souligné qu'il était « très optimiste » sur le maintien du Royaume-Uni dans l'UE, les entreprises irlandaises étant particulièrement inquiètes d'un potentiel 'Brexit'. « On doit voir ce que sont les propositions », a commenté le ministre, vendredi 22 mai, jugeant qu'il est « beaucoup trop tôt » pour se prononcer sur les modes de résolution de la question et notamment les changements de Traités.
Le ministre a aussi assez bien accueilli les pistes de réformes avancées par David Cameron, suggérant qu'elles pourraient s'avérer bénéfiques pour tous les Européens quand il s'agit de meilleure réglementation et de renforcement de la croissance. Le Premier ministre estonien, Taavi Roivas, a, lui, indiqué qu'il s'attendait à des « discussions ouvertes », mais qu'elles ne devraient pas porter sur les libertés fondamentales de l'UE, a-t-il déclaré. « Nous devrions être ouverts aux propositions des uns et des autres », a fait valoir le dirigeant, confiant toutefois qu'un 'deal' pourra être trouvé.
Le Premier ministre britannique pourrait se rendre la semaine prochaine à Berlin et Paris pour des discussions informelles sur ce sujet, ont rapporté les médias. David Cameron devrait aussi rencontrer ce lundi, à Chequers, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Le Premier ministre devrait ensuite plus officiellement dresser sa liste de requêtes lors du Sommet européen de la fin juin. (Solenn Paulic avec Camille-Cerise Gessant)