login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 11320
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) partenariat oriental

L'UE veut resserrer les liens sans parler d'élargissement

Riga, 22/05/2015 (Agence Europe) - Les chefs d'État et de gouvernement des États membres et des six pays partenaires de l'UE ont décidé de renforcer leurs relations, différenciées selon les pays. Comme pour les déclarations précédentes, la déclaration finale de Riga ne fait pas référence à des perspectives d'élargissement.

« Je suis convaincue que le sommet va donner un nouveau souffle à nos efforts pour renforcer les relations stratégiques entre l'UE et l'Arménie, l'Azerbaïdjan, le Belarus, la Géorgie, la Moldavie et l'Ukraine », a expliqué le Premier ministre letton, Mme Laimdota Straujuma.

« Les participants au Sommet réaffirment l'objectif du Partenariat oriental de développer, de renforcer les relations différenciées entre l'UE et ses six partenaires, souverains et indépendants. La portée et la profondeur de la coopération sont déterminées par les ambitions et les besoins des partenaires et de l'UE ainsi que le rythme des réformes », souligne la déclaration commune de 13 pages. Cette déclaration met en avant à plusieurs reprises la différenciation entre les partenaires. « Les participants au Sommet réaffirment le droit souverain de chaque partenaire de choisir librement le niveau d'ambition et les objectifs auxquels il aspire dans ses relations avec l'UE », ajoute-t-elle, rappelant que c'est « à l'UE et à ses partenaires souverains de décider comment ils veulent procéder dans leurs relations ».

« Le Partenariat oriental a certainement connu des moments très difficiles dans le passé, mais il est bon que nous ayons ce partenariat. (…) nous voyons un exemple du fait que l'UE est clairement différente de la Russie: nous acceptons que les différents membres du Partenariat aillent dans des voies très différentes, la diversité », a expliqué la chancelière allemande, Angela Merkel. « Le Partenariat oriental doit se poursuivre et même se renforcer », a expliqué le président français, François Hollande.

Prochain rapport sur les visas à la mi-décembre

Les dirigeants ont ainsi exhorté à ce que, d'ici le prochain sommet qui doit avoir lieu en 2017, des progrès soient faits en ce qui concerne le renforcement des institutions et de la bonne gouvernance, les opportunités de marché, les interconnexions, qu'elles soient énergétiques ou de transport, la mobilité et les contacts entre personnes. Les dirigeants ont souligné attendre que la Géorgie et l'Ukraine remplissent les conditions pour la libéralisation des visas. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a annoncé que la Commission pourrait publier des nouveaux rapports de progrès autour du 15 décembre. Il a expliqué avoir remis à ces pays une liste des éléments sur lesquels faire des efforts supplémentaires. Le président ukrainien, Petro Porochenko, a espéré que le rapport soit publié plus tôt. « Les 28 (États membres) ont insisté sur l'importance de cette procédure de libéralisation des visas », a ajouté le président du Conseil européen, Donald Tusk. Le Conseil devra donner son accord à la libéralisation des visas. Selon Mme Straujuma, si le rapport est positif, la Géorgie et l'Ukraine pourraient bénéficier d'un régime sans visa au début de l'année 2016.

Les dirigeants ont salué le début « réussi » de la mise en oeuvre des accords d'association. « Nous avons réaffirmé notre soutien à d'autres qui cherchent des relations plus personnalisées », a expliqué M. Tusk. « Nous avons conclu une entente avec l'Arménie sur la portée de nos relations futures. Nous devrions également être en mesure de prendre des mesures dans l'approfondissement de notre engagement critique avec la Biélorussie. Et nous avons reçu les suggestions de l'Azerbaïdjan au sujet du renouvellement de la base contractuelle de ses relations avec l'UE », a-t-il ajouté.

Un sommet dirigé « contre personne »

La déclaration rappelle aussi que le Partenariat oriental n'est dirigé « contre personne », en référence à la Russie. « Les actes contre l'Ukraine et les événements en Géorgie depuis 2012 ont montré que les principes fondamentaux de souveraineté et d'intégrité territoriale dans les frontières internationalement reconnues ne pouvaient pas être tenus pour acquis au 21ème siècle sur le continent européen », ajoute le texte. La déclaration rappelle aussi les positions de chacun sur la Crimée. Si l'UE réaffirme que l'annexion de la Crimée et de Sébastopol est « illégale », les participants au sommet réaffirment leur position en relation avec la résolution de l'Assemblée générale des Nations Unies sur l'intégrité territoriale de l'Ukraine, adoptée avec le vote contraire de l'Arménie et du Belarus.

« Il ne faut pas faire de ce Partenariat un conflit de plus avec la Russie », a expliqué M. Hollande. « Le Partenariat oriental n'est dirigé contre personne, il est pour tout le monde », a aussi souligné le Premier ministre finlandais, Alexander Stubb.

La perspective d'élargissement passée sous silence

Comme les déclarations précédentes, la déclaration ne fait pas référence à la volonté de la Géorgie, de la Moldavie et de l'Ukraine d'adhérer à l'UE. Elle reprend la formulation de la déclaration de Vilnius: les participants au Sommet « reconnaissent les aspirations européennes et le choix européen des partenaires concernés, comme indiqué dans les accords d'association ». La formulation reflète les différences de perceptions entre les États membres. « C'est le maximum que nous puissions obtenir », a expliqué M. Tusk.

À son arrivée à Riga, Mme Merkel a répété que « le Partenariat oriental n'est pas un instrument d'élargissement de l'UE, mais un instrument de rapprochement ». M. Hollande a aussi souligné que « l'association ne préjugeait pas de l'adhésion ». Pour le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, le sommet ne concernait pas une adhésion à l'UE. « Mais nous devons être sûrs qu'il y a une perspective européenne qui existe pour chacun de ces pays. Ils ne sont pas prêts (pour une adhésion), nous ne sommes pas prêts », a-t-il expliqué, tout en ajoutant que « le processus est en cours ». « Personne n'a promis que le Partenariat oriental serait la voie automatiquement vers une adhésion », a souligné M. Tusk.

Signature du protocole d'accord UE/Ukraine sur l'aide d'1,8 milliard d'euros

Par ailleurs, en marge du sommet, le vice-président de la Commission Valdis Dombrovskis, le ministre des Finances de l'Ukraine, Natalie Jaresko, et le gouverneur de la Banque nationale d'Ukraine, Valeria Gontareva, ont signé un protocole d'accord et un accord de prêt pour le troisième programme d'assistance macro-financière de l'UE (AMF) à l'Ukraine, d'un montant de 1,8 milliard d'euros (EUROPE 11287). M. Dombrovskis a expliqué que l'UE visait à verser une première tranche de 600 millions d'euros dès que le protocole entrerait en vigueur, après sa ratification par le Parlement ukrainien. Le protocole d'accord couvre les mesures de politique économique et structurelle importantes dans six domaines: la gestion des finances publiques, la gouvernance et la transparence, l'environnement des affaires, le secteur de l'énergie, les réseaux de sécurité sociale, et le secteur financier.

Le dossier grec évoqué au plus haut niveau. Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a eu la possibilité d'évoquer les négociations entre son gouvernement et les institutions (Commission, BCE, FMI) lors d'une réunion trilatérale avec la chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, François Hollande, jeudi. Vendredi, il a retrouvé en tête à tête le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Les premiers l'ont encouragé à poursuivre les discussions avec les trois institutions dans le but de parvenir à un accord permettant de boucler le programme d'ajustement actuel. MM. Tsipras et Juncker espèrent un accord début juin. Le même jour, la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a déclaré qu'il restait beaucoup de travail à faire. Les discussions techniques se poursuivront dans les prochains jours, a déclaré vendredi la Commission européenne. (Camille-Cerise Gessant et Elodie Lamer)

Sommaire

ACTION EXTÉRIEURE
ÉCONOMIE - FINANCES
POLITIQUES SECTORIELLES
INSTITUTIONNEL
CALENDRIER