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Bulletin Quotidien Europe N° 11314
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) azerbaÏdjan

Droits de l'homme, Dinara Yunus appelle l'UE à faire plus

Bruxelles, 13/05/2015 (Agence Europe) - La fille des militants des droits de l'homme azerbaïdjanais Leyla et Arif Yunus, Dinara Yunus, a appelé, mardi 12 mai, l'Europe et les institutions européennes à faire davantage pour aider les militants des droits de l'homme en Azerbaïdjan, alors que la situation dans son pays est « très mauvaise » et se dégrade de plus en plus.

« L'UE devrait être plus audible, critique, elle devrait publiquement demander la libération des prisonniers politiques », a expliqué Mme Yunus à EUROPE. La Haute Représentante et le Parlement européen ont déjà demandé, à plusieurs reprises, leur libération. « C'est plus que le moment, maintenant, d'être plus critique à propos de toutes les violations en cours », a-t-elle ajouté. Il y a, selon Dinara Yunus, plus de 100 prisonniers politiques en Azerbaïdjan, les médias libres ont été fermés et « il n'y a jamais eu de liberté d'expression ».

« Les Jeux européens devraient clairement parler des violations et appeler à la libération des prisonniers politiques avant le début des Jeux, ensemble avec les gouvernements occidentaux et les institutions européennes », a souligné Dinara Yunus. Ainsi, pour elle, la tenue des premiers Jeux européens, compétition multisports, à Bakou en juin, devrait être l'occasion d'agir. « Il y a maintenant beaucoup d'attention (sur le pays) et c'est une bonne occasion pour que les prisonniers politiques soient relâchés », a-t-elle expliqué. Elle a considéré qu'il s'agissait de la « dernière chance » pour que ses parents retrouvent la liberté.

Selon Dinara Yunus, l'UE devait également envisager davantage d'efforts humanitaires car ses parents sont en mauvaise santé et nécessitent une hospitalisation dont ils ne bénéficient pas actuellement. Leyla Yunus a été nommée pour le Prix Sakharov 2014, remporté par le gynécologue congolais Denis Mukwege. Tout en soulignant que M. Mukwege méritait ce prix, Dinara Yunus a précisé que, si sa mère l'avait obtenu, cela aurait permis de porter plus d'attention sur elle et de sécuriser sa libération.

Soulignant que le gouvernement de son pays n'avait pas rempli les demandes contenues dans la résolution du Parlement européen de septembre 2014 (EUROPE 11159), elle a considéré que l'Europe devait prendre des mesures contre ce gouvernement. « Il devrait y avoir un suivi de la résolution », a-t-elle expliqué. Le Parlement devrait aussi faire pression sur les ministres des Affaires étrangères européens, selon elle.

Interrogée sur le fait que l'UE semble porter une grande attention aux prisonniers politiques au Belarus et moins à ceux en Azerbaïdjan, Mme Yunus a considéré qu'il y a avait un « double standard », avec Bakou. « Peut-être à cause des intérêts économiques », a-t-elle ajouté, tout en précisant ne pas « être une politicienne ». Elle a rappelé que, si le Belarus n'était pas membre du Conseil de l'Europe, ce n'était pas le cas de l'Azerbaïdjan, qui devait donc faire face à des obligations. (Camille-Cerise Gessant)

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