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Bulletin Quotidien Europe N° 11313
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) onu

Migrants, Mme Mogherini confiante quant à l'adoption d'une résolution

Bruxelles, 12/05/2015 (Agence Europe) - La Haute Représentante, Federica Mogherini, s'est dite confiante, lundi 11 mai, quant à l'adoption d'une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies sur la situation des migrants qui traversent à grands risques la Méditerranée. « Je suis assez confiante, d'après le niveau de compréhension, de sensibilisation et de volonté politique que je vois ici, qu'il est possible d'avoir une résolution dans un futur raisonnable », a-t-elle expliqué, soulignant qu'il y avait encore beaucoup de travail à faire pour avoir une telle résolution. Une source européenne a souligné que, si résolution il y avait, celle-ci ne devrait pas être adoptée avant la semaine prochaine. L'Union européenne souhaite que la résolution fasse référence au chapitre 7 de la Charte des Nations Unies, pour pouvoir avoir recours à des actions coercitives.

« Il y a, chez tous les membres du Conseil de sécurité, une forte volonté politique de faire deux choses en même temps et c'est exactement notre approche: sauver des vies, d'un côté, et, de l'autre, démanteler des organisations criminelles qui organisent la contrebande et la traite des êtres humains », a expliqué Mme Mogherni, lors d'une conférence de presse, après une intervention devant le Conseil de sécurité et après avoir rencontré les ambassadeurs des pays membres. Lors de son intervention devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, la Haute Représentante n'a pas décrit ce que l'UE comptait faire concernant la capture et la destruction des bateaux des trafiquants. Le Conseil européen extraordinaire du 23 avril a demandé « d'entreprendre des efforts systématiques pour identifier, capturer et détruire les navires avant qu'ils ne soient utilisés par des trafiquants en conformité avec le droit international » (EUROPE 11301).

Interrogée sur l'opposition russe à la destruction des bateaux des trafiquants, Mme Mogherini a expliqué que « détruire des navires est le point crucial pour l'UE, cela signifie détruire le modèle d'affaires des organisations de trafic et de contrebande, faire en sorte que les navires ne puissent pas être utilisés à nouveau, faire en sorte que les actifs de ces organismes soient détruits. Détruit dans un sens plus large ».

« Je n'ai pas ressenti de résistance de la part d'un des États membres du Conseil de sécurité. Évidemment, il y a encore beaucoup de travail à faire pour parvenir à une résolution. (…) Je n'ai pas trouvé dans mes discussions (…), à la fois avec les Russes ou d'autres autorités, d'opposition à cela », a-t-elle expliqué, ajoutant que le projet de résolution préparé par les membres européens du Conseil de sécurité de l'ONU (les deux permanents - la France et le Royaume-Uni - et les membres non permanents - l'Espagne et la Lituanie) devait être partagé dans les heures qui suivaient et qu'il y avait encore « beaucoup de travail à faire sur le texte, la rédaction d'un texte qui comprenne les détails ». « Mais en principe, je n'ai pas rencontré une opposition à agir sur les deux éléments: sauver des vies, mais aussi lutter contre les organisations criminelles. Le point de référence est et reste l'opération anti-piraterie qui a reçu le feu vert du Conseil de sécurité, au large des côtes de la Somalie », l'opération Atalanta, a-t-elle ajouté.

La Haute Représentante a rappelé, lors de son discours, que le Conseil de sécurité des Nations Unies avait également appelé à la mise en oeuvre intégrale du Protocole contre le trafic illicite de migrants et exhorté tous les États membres à traiter les flux migratoires illicites et à contribuer à démanteler les réseaux de passeurs dans la région.

Mme Mogherini a précisé qu'elle était en contact avec les différentes parties libyennes. Selon elle, il n'est pas possible d'attendre la formation d'un gouvernement d'unité national libyen. « En attendant, nous ne pouvons pas attendre, nous devons rechercher le soutien des différentes autorités libyennes pour collaborer avec nous et avec le reste de la communauté internationale pour sauver des vies et lutter contre les organisations criminelles », a-t-elle expliqué.

L'UE devrait agir avant une résolution de l'ONU

La Haute Représentante a également précisé que l'UE pouvait prendre des mesures « dans le plein respect du droit international », avant même qu'une résolution de l'ONU ne soit adoptée. Le mandat de cette opération est en cours d'élaboration avec les États membres de l'UE. Les ministres des Affaires étrangères européens pourraient ainsi adopter le concept de gestion de crise le 18 mai. L'UE peut intervenir sans résolution de l'ONU si elle agit dans les eaux internationales, sur un bateau sans pavillon ou si le pays dont le bateau porte pavillon donne son accord. Selon une source européenne, les États membres pourraient cependant attendre la résolution de l'ONU pour prendre la décision juridique pour établir la mission. L'objectif de l'UE est de commencer l'opération en juin. (Camille-Cerise Gessant)

 

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