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Bulletin Quotidien Europe N° 11313
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) grÈce

L'Eurogroupe affiche son optimisme malgré de timides avancées

Bruxelles, 12/05/2015 (Agence Europe) - Le scénario de l'Eurogroupe était ficelé bien avant son coup d'envoi. Sans surprise, les ministres des Finances de la zone euro ont salué, lundi 11 mai, « les progrès qui ont été réalisés jusqu'ici » dans l'identification des réformes souhaitées par la Grèce et acceptables pour les créanciers d'Athènes au sein du 'groupe de Bruxelles' qui réunit la Grèce et les 'institutions' (Commission européenne, BCE, FMI, fonds FESF).

Des progrès, il y en a eu sur le fond, a assuré le commissaire aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici. Il a cité un rapprochement des positions sur la TVA, une autorité fiscale indépendante, une stratégie pour gérer les prêts toxiques ('non performing loans'). « Ce sont des avancées à ne pas sous-estimer, elles sont importantes, précises et bienvenues », a-t-il déclaré. Le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, a confirmé la convergence des points de vue sur ces questions.

M. Moscovici a toutefois noté « l'écart important à combler sur d'autres sujets » comme les retraites ou le marché du travail, deux sujets de blocage récurrent. Pour M. Varoufakis, la question du marché du travail est plus importante pour les Grecs qu'elle ne l'est pour les 'institutions'. Interrogé sur la possibilité pour le gouvernement grec de revenir sur certaines promesses de campagne, le ministre grec a expliqué qu'il s'agissait là du sens même du mot compromis. Pour qu'un accord soit marqué si possible dans les 15 jours vu la situation financière du pays, il a posé deux conditions: mettre un terme au cycle déflationniste et mieux répartir le fardeau budgétaire en transférant une partie du poids des plus faibles vers les autres.

Le 'groupe de Bruxelles' devait, en principe, reprendre ses travaux mercredi, séquence qui n'était pas confirmée, mardi matin. Une source a estimé que la quinzaine à venir serait le minimum requis pour parvenir à un accord. L'Eurogroupe reconnaît pour sa part qu'il faudra « plus de temps et d'efforts » pour clore les sujets qui sont toujours ouverts.

La discussion au sein des ministres de l'Eurozone aurait été à l'image de la déclaration dont il a accouché: brève. Les institutions auraient présenté un état des lieux de la situation puis la déclaration commune aurait rapidement été discutée, sans intervention des ministres allemand et slovaque, généralement parmi les plus impatients.

Selon cette déclaration, une fois que les institutions auront trouvé un accord technique sur la conclusion de la mission de suivi, « l'Eurogroupe décidera des possibles déboursements des fonds restants » du programme actuel. Malgré cette concision, les ministres soulignent que la vigueur dans la mise en oeuvre des réformes déterminera le rythme de déblocage de l'aide financière restante. C'est seulement sur la base de la mise en oeuvre que les décaissements de tranches d'aide pourront arriver, a confirmé le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem. Il estimé envisageable de procéder en scindant les mesures attendues et en les liant à différents décaissements de la dernière tranche de 7,2 milliards d'euros du fonds FESF.

La Grèce a répété qu'elle honorerait ses échéances, mais aucune discussion ne s'est tenue sur l'état des caisses grecques, selon M. Dijsselbloem. Pour l'heure, la Grèce doit donc garder la tête hors de l'eau toute seule. Elle a remboursé, avec un jour d'avance, 757 millions d'euros au FMI, lundi. Mais elle a également payé certains frais au FESF, pour un montant de 220 000 euros. La question de liquidités de la Grèce est « terriblement urgente », selon le ministre des Finances grec. Il était espéré qu'une déclaration suffisamment positive de l'Eurogroupe permette à la BCE de relever le niveau de bons du Trésor grecs que les banques du pays ont le droit d'acheter. « La BCE est indépendante », a tranché Jeroen Dijsselbloem, estimant que cette déclaration ne pouvait pas être un signal envoyé à la BCE.

Les contraintes d'argent et de temps - il reste six semaines avant l'achèvement du plan de sauvetage fin juin - font qu'il est dans l'intérêt de tous de trouver un accord rapidement, a dit M. Dijsselbloem. Le directeur général du FESF, Klaus Regling, a ajouté qu'il fallait aussi prendre en compte le temps nécessaire pour accomplir les procédures nationales destinées à valider un éventuel accord entre Athènes et ses créanciers. L'Eurogroupe est toutefois prêt à se réunir dès qu'un accord sera trouvé.

Refusant de commenter la possible tenue d'un référendum qui est du ressort exclusif des autorités grecques, M. Dijsselbloem a toutefois indiqué qu'une telle consultation ajouterait une contrainte de temps supplémentaire. Le gouvernement a un mandat: il n'a pas besoin de référendum, a déclaré M. Varoufakis. Du côté des 'institutions', on rappelle qu'un tel scénario n'avait été évoqué qu'en cas d'échec des négociations.

Et après la fin juin ? « Je ne vois pas de base politique pour commencer à discuter de ce qui arrivera après juin », a déclaré M. Dijsselbloem, ajoutant qu'il fallait également de la substance (analyse de la viabilité de la dette, perspectives budgétaires, …) afin de calculer les défis qu'il y aura à ce moment là.

Une source proche des discussions a expliqué qu'il fallait quelque chose de nouveau, éviter d'être dans ce genre de discussions, celles qui traînent depuis des semaines, pendant encore plusieurs années. Selon le journal espagnol El Mundo, le FMI ne souhaiterait pas prendre part à un 3ème plan d'aide, alors que l'Allemagne a fait d'une telle participation une condition à l'élaboration des plans de sauvetage. La nouvelle composition du Parlement finlandais pourrait également être un obstacle. (Elodie Lamer avec Camille-Cerise Gessant)

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