Bruxelles, 06/05/2015 (Agence Europe) - Le président de la commission de l'industrie et de l'énergie du Parlement européen, Jerzy Buzek (PPE, polonais), a insisté, lors d'une rencontre avec une délégation de la commission de l'énergie au Congrès américain, mardi 5 mai à Bruxelles, pour l'inclusion d'un chapitre spécifique sur l'énergie dans le futur accord de libre-échange UE/États-Unis (TTIP).
« Nous avons un large éventail d'intérêts communs - du TTIP à la sécurité énergétique mondiale et la stabilité. De la même manière que la production américaine et les progrès en matière d'efficacité étendent l'influence de l'approvisionnement américain sur le marché mondial de l'énergie, l'UE poursuit ses travaux en vue d'une Union de l'énergie interconnectée, sûre et respectueuse de l'environnement », a résumé à l'issue de la rencontre le chef de la délégation parlementaire américaine, le Républicain Fred Upton.
« Cette visite montre que ces négociations stimulent de l'élan sur les deux rives de l'Atlantique. S'il est négocié avec précaution, de manière transparente et avec la pleine participation de nos citoyens, le TTIP peut être une grande opportunité », a commenté pour sa part M. Buzek, rapporteur permanent sur le TTIP dans la commission de l'énergie du PE. « La coopération énergétique joue ici un rôle crucial. Voilà pourquoi notre commission plaide pour un chapitre distinct consacré à l'énergie dans le TTIP. En outre, je souhaite que nos partenaires américains lèveront les exigences relatives aux permis et faciliteront le développement des infrastructures pour les exportations d'énergie vers l'Europe », a ajouté M. Buzek.
Les discussions sur la libéralisation des exportations de gaz naturel liquéfié se poursuivront lors d'une table ronde organisée par M. Buzek au Parlement européen, le 27 mai, qui servira de plateforme pour un échange de vues entre les décideurs politiques et les entreprises américaines et européennes.
Pas en avant significatif. Les négociations TTIP ont engrangé des progrès importants, lors du 9ème round des pourparlers, du 20 au 24 avril à New York, sur la question de l'énergie et des matières premières (qui s'inscrit dans le pilier 'règles' de la négociation). « Un pas en avant significatif » a été fait, a reconnu le négociateur en chef européen, Ignacio Bercerco, le 24 avril. Les parties ont en effet examiné comment le TTIP pourrait garantir un accès non discriminatoire et transparent pour les tiers aux infrastructures de transport d'énergie (gazoducs et réseaux électriques). Elles ont aussi examiné comment accroître la coopération réglementaire en matière d'efficacité énergétique. Toutefois, aucune conclusion n'a encore été tirée quant à savoir si ces questions feront l'objet d'un chapitre spécifique, comme le souhaite la partie européenne.
« Nous avons reçu de véritables éléments de texte. Pendant plus d'un an, nous avons fait pression sur les Américains et, pour la première fois, nous avons un agenda annoté. C'est le début d'une structure de texte sur lequel nous pourrons travailler ensemble. C'est un progrès important », a confirmé un négociateur européen, devant la commission de l'énergie, mercredi 6 mai. Les négociateurs ont notamment convenu des aspects à discuter dans la dimension énergie du TTIP, a expliqué le représentant de la Commission européenne, citant: le champ d'application, les produits énergétiques concernés, les règles à suivre, les disciplines en matière de concurrence, la question des monopoles, les droits de transit et les questions de droits de douane sur les exportations de matières premières, la transparence, les objectifs en matière de développement durable, l'efficacité énergétique, les énergies renouvelables, la sécurité des activités offshore.
Approvisionnement en gaz et pétrole, question hautement politique. La question des fournitures de gaz, qui suscite un très grand intérêt de la partie européenne, dans le cadre de ses efforts de diversification, est « une question beaucoup plus politique car elle touche aux conditions pour lesquelles les États-Unis seraient prêts à ouvrir leur marché », a poursuivi le représentant de la Commission, expliquant que le Gas Act américain repose sur le principe que la fourniture et les contrats de gaz relèvent de l'intérêt américain. La question de la levée des restrictions sur les exportations américaines de pétrole brut nécessitera aussi beaucoup d'habilité politique de la part des Européens, notamment pour convaincre les Républicains, très proches de l'industrie pétrolière américaine et désormais majoritaires au Congrès, a aussi laissé entendre le négociateur européen. Enfin, les deux parties devront aussi trouver des passerelles sur la question des industries énergivores et du différentiel des prix de l'énergie en Europe et aux États-Unis. (Emmanuel Hagry)