Bruxelles, 05/05/2015 (Agence Europe) - La FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture), la BERD (Banque européenne pour la reconstruction et le développement) et l'UpM (Union pour la Méditerranée) annoncent qu'elles conjuguent leurs efforts pour « mobiliser les investissements publics et privés » afin d'améliorer la production agricole et la sécurité alimentaire en Méditerranée. C'est une tâche « essentielle », affirme un communiqué conjoint, car « la plupart des pays produisent des quantités insuffisantes de denrées alimentaires », estiment-elles à l'occasion d'un « Forum » qui a ouvert ses travaux mardi 5 mai à Barcelone.
Les trois organisations indiquent à l'appui que « la région a importé (en 2013) 29 millions de tonnes de blé. Elle est de plus en plus tributaire des importations de produits de base essentiels comme les céréales, le sucre et l'huile végétale, qui fournissent la majorité des calories consommées ». Selon leurs données, « les importations de produits agricoles alimentaires dans la région ont augmenté de 69 milliards de dollars (USD), soit 63%, de 2002 à 2013. Parallèlement, les exportations ont quintuplé depuis 2000, atteignant 31 milliards USD, ce qui reflète notamment des hausses spectaculaires de livraisons de fruits et de légumes à destination des marchés du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord ». En outre, le transport de céréales « peut représenter un coût quatre fois supérieur à la norme mondiale ». Elles ajoutent que « bien que la région méditerranéenne ait été de tout temps un vivier agricole, ses ressources naturelles sont confrontées à des contraintes grandissantes ». La population de la région « devrait connaître une forte croissance, atteignant 360 millions de personnes d'ici 2030 ». Le climat aggrave le tableau, avec des précipitations qui pourraient diminuer de 10% à 40 % d'ici 2050, selon leurs prévisions.
La conférence, qui rassemble pour deux jours de « hauts responsables des politiques publiques ainsi que des représentants d'institutions financières, du secteur privé, de centres de recherche et des milieux universitaires », offre une « opportunité » pour discuter des « collaborations possibles ». Il est attendu que soit envisagé « le développement de la production locale de fruits et de légumes pour l'exportation » en même temps que, notamment, la diversification des produits importés. Une « plus forte intégration régionale des marchés agricoles aiderait les pays à faire face aux chocs du côté de l'offre et atténuerait les fluctuations des prix des produits alimentaires », estiment les trois organisations.
La BERD en fait une « priorité » de son action et annonce l'intention d'investir « plus de 300 millions d'euros dans les entreprises du secteur agroalimentaire » dans la région. (Fathi B'Chir)