Bruxelles, 18/03/2015 (Agence Europe) - Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, s'est dit insatisfait des progrès enregistrés sur le dossier grec et a demandé à tout le monde de se « ressaisir ». Les discussions techniques entre la Grèce et les trois institutions (Commission, BCE, FMI) « n'avancent pas », selon un diplomate. Pourtant, la Grèce n'aurait de quoi tenir financièrement que jusque mai.
C'est donc dans ce contexte que le chef de cabinet de Donald Tusk, le président du Conseil européen, a mis sur la table, il y a quelques jours, l'idée d'aborder le dossier grec lors du Conseil européen de jeudi 19 et vendredi 20 mars. Les Grecs n'étaient pas demandeurs, au départ, mais ont saisi l'opportunité que leur lançait le cabinet Tusk. Le format de cette discussion faisait encore l'objet de consultations, mercredi après-midi, mais le plus probable était une réunion, après le dîner de jeudi soir, entre le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, la chancelière allemande, Angela Merkel et les présidents français, François Hollande, de la Commission, Jean-Claude Juncker, et de la BCE, Mario Draghi. Ce format ne plairait pas à certaines des délégations ne faisant pas partie des discussions, au motif que le sujet est d'intérêt pour toute la zone euro. Mais un sommet des pays de la zone euro, sans préparation, serait compliqué à tenir, explique-t-on. Les dirigeants voudraient par ailleurs connaître les intentions de M. Tsipras. Celui-ci se rendra en Russie le 8 avril, mais le gouvernement a démenti vouloir demander des financements.
Lors d'une conférence téléphonique entre experts du groupe de travail de l'euro au Conseil, mardi soir, les critiques auraient fusé. Le FMI aurait dit que la Grèce était le client le moins obligeant ('unhelpful') qu'il ait vu depuis 70 ans, selon Bloomberg. Les trois institutions se seraient également plaintes du fait que les autorités grecques ne coopéreraient pas, alors que les Allemands auraient dit que tenter de persuader les Grecs de concevoir un programme de politique économique rigoureux revenait à s'acharner inutilement ('riding a dead horse'), toujours selon Bloomberg.
Le gouvernement grec a fait adopter mercredi par le parlement la première loi consacrée à un paquet de mesures pour lutter contre la crise humanitaire. Pour cela, il a bénéficié du soutien des conservateurs de la Nouvelle Démocratie et des socialistes du Pasok. Le commissaire aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, a démenti un quelconque veto de la Commission à ce paquet de mesures. Dans une lettre du représentant de la Commission dans les discussions techniques, Declan Costello, celui-ci a demandé aux Grecs de tenir des consultations appropriées avant de passer ce paquet. « Faire autrement serait procéder de manière unilatérale et de manière inconsistante avec les engagements pris », écrit M. Costello dans une lettre publiée par Channel 4 News. Le projet de loi humanitaire « est une bonne perspective », a dit M. Moscovici, mais la Commission a tout de même besoin d'évaluer l'impact budgétaire de ces mesures. (Elodie Lamer)