Bruxelles, 18/03/2015 (Agence Europe) - Les dirigeants de l'UE - le président du Conseil européen, Donald Tusk, et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker - veulent s'assurer, lors du Conseil européen de printemps, les 19 et 20 mars, du soutien ferme des chefs d'État et de gouvernement des Vingt-huit en faveur de l'accord de libre-échange UE/États-Unis, le TTIP, qu'ils se sont engagés, en décembre dernier, à conclure d'ici fin 2015, et qui suscite une méfiance ancrée au sein de l'opinion publique.
Dans le cadre des questions économiques qui seront abordées vendredi par le Conseil européen, les dirigeants des Vingt-huit vont discuter de l'état d'avancement des négociations, relancées début 2015 après une pause de plusieurs mois à l'automne dernier, due au renouvellement des instances dirigeantes de l'UE et aux élections américaines à mi-mandat. La huitième session de négociations au plan technique s'est tenue début février à Bruxelles (EUROPE 11248) et deux nouvelles sessions sont programmées, l'une en avril prochain aux États-Unis, puis une autre à Bruxelles avant la pause estivale, en juin.
Vendredi, les Vingt-huit devraient confirmer leur engagement, déjà formulé lors du Conseil européen de décembre 2014, à conclure les négociations d'ici la fin de l'année. Ils devraient aussi s'engager à intensifier leurs efforts pour communiquer les avantages de l'accord.
À l'instar du président Juncker, le président Tusk attend des dirigeants européens qu'ils affirment plus clairement leur engagement à l'égard du TTIP. « L'objet de la discussion est de renforcer la volonté des dirigeants sur le contenu réel du TTIP. L'exercice de présentation des gains ne doit pas être mené par la seule Commission, les dirigeants doivent s'engager », explique-t-on dans l'entourage du président Tusk. « M. Tusk souhaite que nous expliquions mieux cet accord. Il y a une certaine méfiance dans l'opinion. Il est important d'avoir une tactique de communication », confirmait une source diplomatique, mercredi 18 mars.
Devant le Parlement européen, le 11 mars, le président Juncker avait prévenu qu'il demanderait aux dirigeants européens, lors de leur réunion de printemps, « un éclaircissement sur leurs intentions de courte et de longue durée » concernant les négociations TTIP. « J'insisterai auprès des dirigeants européens pour qu'ils nous disent clairement les choses. Lors des réunions du Conseil européen, ils affichent un soutien sans faille et dès qu'ils rentrent chez eux, je lis que leur enthousiasme faiblit. Je voudrais que nous tirions au clair cette affaire », avait insisté le chef de l'exécutif européen.
Dans ses conclusions du 18 décembre, le Conseil européen avait appelé l'UE et les États-Unis à « faire tous les efforts nécessaires pour conclure un accord ambitieux, global et mutuellement bénéfique d'ici la fin 2015 ». Mais des questions controversées, comme le règlement des différends investisseur/État (ISDS), le rapprochement transatlantique des normes, ou encore la libéralisation des services (et donc des risques pour les services publics) alimentent les craintes de certaines capitales, qui ont parfois des messages ambigus à l'égard du TTIP. (Emmanuel Hagry)