Bruxelles, 18/03/2015 (Agence Europe) - La Tunisie a été ébranlée, mercredi 18 mars, par une attaque terroriste contre des objectifs hautement symboliques, les abords du parlement (ARP, Assemblée des représentants du peuple) et le Musée national du Bardo, situés tous deux dans le même enceinte historique et particulièrement sécurisée.
19 morts sont décomptés dont 17 touristes (de Pologne, d'Italie, d'Allemagne et d'Espagne) et un policier, ainsi que 22 blessés dont 20 touristes étrangers, selon des chiffres officiels donnés dès la fin des opérations par le Premier ministre, Habib Essid. Les forces de l'ordre sont intervenues énergiquement contre le groupe de terroristes porteurs d'uniformes de l'armée qui se sont infiltrés depuis l'enceinte pourtant située dans un lieu hautement sécurisé. Deux d'entre eux se sont attaqués au musée, d'autres (on ne connait pas leur nombre à ce moment précis) ont tiré des rafales contre un bus de touristes.
Le Premier ministre tunisien a noté que cette attaque, la première contre des objectifs civils (jusqu'à présent visant les forces de l'ordre et l'armée), a pour but de mettre à mal l'économie, en crise profonde, en frappant le tourisme, un secteur vital. Le Premier ministre a appelé les citoyens à serrer les rangs. Le chef de l'État, Beji Caaid Essebsi, qui s'est rendu au chevet des blessés, a qualifié la situation de grave, et a promis de « rayer de la carte » les terroristes. Une enquête est ouverte pour déterminer les complicités dont on pu bénéficier les terroristes, dont deux ont été abattus par les forces de l'ordre.
À Bruxelles, le Premier ministre français, Manuel Valls, dont le pays a ouvert une cellule de crise à Paris, a déclaré: « Nous avons condamné l'attaque terroriste (du musée du Bardo) avec la plus grande fermeté. Il y a des touristes tués. Cela illustre cruellement hélas les menaces auxquelles nous sommes tous confrontés en Europe et dans le monde. La France et la Tunisie agissent ensemble pour lutter contre terrorisme ». Ce thème de la lutte contre le terrorisme dans ce pays voisin de la Libye a été débattu mardi à Bruxelles au cours de la 11ème session du Conseil d'association et l'UE a fait l'offre d'un appui aux forces de sécurité par des actions de formations et d'assistance.
« Avec l'attaque qui frappe Tunis aujourd'hui, les organisations terroristes visent une fois de plus les pays et peuples de la région méditerranéennes », a déclaré, pour sa part, la Haute Représentante de l'UE, Federica Mogherini. « Cela renforce notre détermination à coopérer plus étroitement avec nos partenaires pour faire face à la menace terroriste. Ce défi commun a fait partie des discussions que j'ai eues hier encore, à Bruxelles, avec le ministre des Affaires étrangères Taieb Baccouche ».
« Je tiens à présenter mes condoléances aux familles et proches des victimes, et rappeler la solidarité de l'Union européenne au peuple tunisien dans cette épreuve », a-t-elle dit ajoutant: « L'Union européenne est déterminée à mobiliser tous ses instruments pour soutenir pleinement la Tunisie dans la lutte contre le terrorisme et la réforme du secteur de la sécurité, et pour faire en sorte que la transition démocratique et les réformes économiques bénéficient aux Tunisiens, à commencer par les jeunes ».
Le président du Conseil européen, Donald Tusk, s'est dit « choqué » et a affirmé dans une déclaration que « l'UE et la Tunisie ne se laisseront pas intimider par le terrorisme ». Il a ajouté: « Nous sommes prêts à soutenir le gouvernement tunisien dans sa de lutte contre l'extrémisme violent et saluons son action rapide pour libérer les otages impliqués. L'Union européenne est avec la Tunisie dans son engagement pour la paix et la démocratie. Nous ne serons pas découragés face à une telle brutalité ». (Fathi B'Chir)