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Bulletin Quotidien Europe N° 11277
Sommaire Publication complète Par article 27 / 29
AFFAIRES & ENTREPRISES N° 139 / (ae) environnement

Les émissions de CO2 ont marqué le pas en 2014, se réjouit l'AIE. Le dernier rapport de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), publié le 13 mars, indique que les émissions de gaz carbonique (CO2) n'ont pas excédé en 2014 les niveaux enregistrés en 2013. Les émissions mondiales de dioxyde de carbone ont atteint 32,3 milliards de tonnes l'an dernier, soit la même chose qu'en 2013. C'est la première fois en 40 ans que l'on n'enregistre pas d'augmentation d'une année sur l'autre, dans un contexte économique qui n'est pas récessif se réjouit l'AIE. L'économie mondiale a connu en effet une croissance de 3% du PIB en moyenne en 2014. Selon l'Agence, les efforts réalisés dans le monde pour lutter contre les changements climatiques ont eu un effet plus important sur les émissions de CO2 qu'on ne le pensait initialement. « Cela me donne encore plus la certitude que l'humanité peut collaborer pour combattre les changements climatiques, la menace la plus importante à laquelle nous devons faire face aujourd'hui », a commenté Fatih Birol, économiste en chef de l'AIE dont il s'apprête à prendre la direction. L'AIE attribue ce statu quo à la politique énergétique actuelle de la Chine, principal émetteur mondial de CO2, qui encourage aujourd'hui la production électrique issues des énergies renouvelables (hydraulique, solaire, éolienne) au détriment des centrales au charbon, très polluantes. La consommation de charbon a diminué de 2,9% l'année dernière faisant passer la part du charbon dans la consommation énergétique de 66% à 64,2% en 2013. Dans le même temps, la part des énergies non fossiles a augmenté, passant de 9,8% à 11%, alors que le gouvernement chinois s'est fixé un objectif de 15% à l'horizon 2020. En conséquence, la Chine aurait enregistré une diminution de ses émissions de CO2 de 2% l'an dernier, la première depuis 2001 (estimations de l'agence Bloomberg). Des facteurs conjoncturels sont toutefois venus appuyer cette diminution, l'économie chinoise ayant affiché l'an dernier sa plus faible croissance depuis 1990 (+7,4%), ce qui a pesé sur l'activité industrielle et donc sur la consommation d'énergie. À noter encore que la Chine se donne les moyens de ses ambitions pour les énergies renouvelables: 89,5 milliards de dollars ont été investis l'an dernier dans celles-ci, ce qui représente un tiers de tous les investissements mondiaux dans le secteur. Une bonne nouvelle car la Chine représente jusqu'ici 30% des dégagements mondiaux de CO2. Les économies de l'OCDE ont également fait des efforts pour réduire leurs émissions de dioxyde de carbone, en misant désormais sur une croissance durable, basée sur une plus grande efficacité énergétique et plus orientées vers les énergies renouvelables également. Ces pays sont parvenus à découpler la croissance de leur économie de celle de leurs émissions de gaz à effet de serre, se réjouit l'AIE. Mais l'optimiste doit rester mesuré: le réchauffement de la planète n'est imputable qu'en partie aux émissions de CO2 (50% environ) qui sont seules prises en compte dans les négociations internationales. Par ailleurs, si l'énergie est le secteur le plus émetteur de CO2, ce n'est pas le seul responsable du réchauffement de la planète: l'agriculture, l'industrie, les transports, les déchets et le chauffage y contribuent également. Pour rappel, la communauté internationale doit se mettre d'accord sur un accort multilatéral afin de réduire à 2 degrés celsius le niveau moyen du réchauffement climatique. La prochaine Conférence mondiale sur le Climat aura lieu en décembre 2015 à Paris. L'enjeu sera d'aboutir à la signature d'un accord global et contraignant de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES). (Isabelle Lamberty)

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