Bruxelles, 28/01/2015 (Agence Europe) - Lors du Conseil Agriculture de lundi 26 janvier, la Commission européenne a une nouvelle fois préconisé de trouver une solution européenne aux modalités d'assouplissement éventuel de l'embargo russe sur les produits agricoles de l'UE.
Vytenis Andriukaitis, commissaire à la Santé, a estimé que la politique commerciale était une compétence exclusive de l'Union. « Dès lors, la Commission ne soutient pas la conclusion d'accords commerciaux bilatéraux entre les États membres et un pays tiers », a-t-il dit. Il a ainsi fait référence aux contacts que plusieurs pays (France, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Hongrie) ont eus récemment avec les services vétérinaires russes pour permettre la reprise des exportations de viande porcine en Russie.
Le commissaire a précisé que des discussions techniques ont eu lieu à Berlin entre ses services et le service vétérinaire russe au sujet des conditions techniques pour la reprise potentielle des exportations de certains produits. Il s'agit de trouver un cadre UE et des certificats UE, a précisé Vytenis Andriukaitis. Les conditions techniques discutées doivent s'appliquer à l'UE, il n'y a « pas de conditions spécifiques qui ont été discutées pour tel ou tel État membre ». « Les accords bilatéraux ont été explicitement exclus et jugés inacceptables et il n'y a pas de lien avec les discussions politiques entre l'UE et la Russie », a indiqué le commissaire.
Au cours de ces discussions, la Commission a clairement indiqué que, tant que la Russie n'acceptait pas le principe de régionalisation, la Commission maintiendra sa position concernant l'embargo russe sur les produits de porc (dans le contexte de la peste porcine africaine). En effet, l'UE a porté plainte à l'OMC contre cet embargo russe sur le porc.
« Je suis conscient des efforts constants de la Russie pour créer des divisions au sein de l'UE, souvent en introduisant des discriminations entre les États membres sur différentes questions, y compris l'accès à son marché », a martelé le commissaire. Et de conclure: « La Commission reste ferme en insistant sur le principe de solidarité et d'égalité de traitement de tous les États membres de l'UE. La Commission ne tolérera pas des pratiques discriminatoires orchestrées par la Russie contre un État membre. La pratique des accords bilatéraux au-delà du cadre UE n'est pas acceptable ».
Lors du Conseil, la Pologne, la Lituanie, l'Estonie, la Slovénie et le Royaume-Uni ont soutenu la position de la Commission.
La France a précisé qu'il n'y avait pas eu de « discussions bilatérales spécifiques, il y a eu des entretiens au niveau technique, entre vétérinaires ». De telles réunions ont lieu régulièrement depuis février 2014, moment où la Russie a décrété l'embargo en raison de foyers de peste porcine africaine. La France a souhaité montrer à ses producteurs de porcs qu'il y a des « signaux positifs » en vue d'une possible reprise des exportations vers la Russie. On parle ici de l'embargo sanitaire (viande porcine), pas politique. (LC)