Bruxelles, 28/01/2015 (Agence Europe) - Les groupes gaziers russe Gazprom et turc Botas présenteront, d'ici une semaine, un plan conjoint pour la construction du nouveau gazoduc russo-turc sous la mer Noire, le Turkish Stream. L'objectif est la signature d'un accord intergouvernemental russo-turc au second trimestre 2015, puis la fourniture de gaz dès décembre 2016, a annoncé Gazprom, mardi 27 janvier.
La Russie n'a que faire du scepticisme affiché du côté de la Commission (EUROPE 11237) et se montre déterminée à réaliser son nouveau projet de gazoduc vers la Turquie pour expédier du gaz vers l'Europe en contournant l'Ukraine. Et elle veut aller vite. Lors d'une réunion de travail à Ankara mardi, le ministre turc de l'Énergie, Taner Yildiz, et le PDG de Gazprom, Alexei Miller, ont examiné les résultats préliminaires de l'étude de faisabilité du projet Turkish Stream et décidé de sa route: ce pipeline sera composé de quatre sections pour une capacité maximale de 63 milliards de m3 par an ; il passera à travers le corridor autrefois réservé au défunt projet South Stream sur 600 kilomètres, puis à travers un nouveau corridor vers la partie européenne de la Turquie sur 250 kilomètres. Gazprom se chargera de la partie sous-marine du projet, et Gazprom et Botas construiront ensemble les installations de transport de gaz sur le territoire turc.
« Nous élaborerons d'ici une semaine un calendrier des travaux principaux prévus pour le projet. Nos tâches prioritaires incluent l'analyse des options de route sur le territoire de la Turquie, la définition du point de sortie du pipeline, le point de livraison de gaz pour les consommateurs turcs et le point d'intersection sur la frontière turco-grecque. Nous avons convenu d'organiser le travail d'une manière qui nous permettra de signer un accord intergouvernemental dans le deuxième trimestre de cette année et commencer à fournir la Turquie en gaz en décembre 2016 », précise Gazprom dans un communiqué.
Tout en annonçant son renoncement au projet South Stream, qui devait relier la Russie à l'Europe sous la mer Noire, en justifiant cet abandon par le refus de la Bulgarie d'en autoriser la construction sur son territoire pour sa non-conformité avec la législation de l'UE, la Russie avait annoncé, le 1er décembre 2014, la signature d'un mémorandum d'entente avec la Turquie pour la construction du projet Turkish Stream, le but étant d'établir une plateforme gazière à la frontière gréco-turque pour les consommateurs européens, auxquels seraient livrés 50 des 63 milliards de m3 de gaz que pourrait transporter le gazoduc Turkish Stream.
La Turquie est le deuxième marché de Gazprom après l'Allemagne: en 2014, le gazier russe y a exporté 27,4 milliards de m3 à travers le gazoduc Blue Stream et les pipelines Trans-Balkans.
La Hongrie intéressée. Budapest est prête à entamer des pourparlers sur le transit de gaz russe via la Turquie vers l'Europe centrale par le biais du Turkish Stream, a annoncé le ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjarto, en visite à Ankara le 26 janvier. « En raison de l'abandon du projet South Stream, nous sommes à la recherche de nouveaux projets, et la Turquie joue un rôle important ici. Nous voulons entamer des négociations dès que possible sur le transit du gaz russe vers l'Europe centrale via la Turquie dès que la Turquie aura conclu un accord définitif avec la Russie sur la question », a-t-il déclaré. (EH)