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Bulletin Quotidien Europe N° 11239
Sommaire Publication complète Par article 30 / 31
AFFAIRES & ENTREPRISES N°132 / (ae) Économie

Le FMI revoit ses perspectives de croissance mondiale à la baisse. Dans son dernier bulletin daté du 20 janvier sur les « Perspectives de l'économie mondiale » (PEM), le Fonds monétaire international (FMI) a révisé à la baisse ses prévisions de croissance mondiale malgré la forte baisse des prix du pétrole, qui constitue un gain net pour la croissance mondiale. Les perspectives de l'économie mondiale restent moroses, plombées par des faiblesses fondamentales relevées ailleurs, explique le FMI. Selon ses dernières prévisions, la croissance mondiale devrait s'accélérer modérément en 2015-2016 pour passer de 3,3% en 2014 à 3,5% en 2015 et à 3,7% 2016, soit une révision à la baisse de 0,3 point pour les deux années par rapport à la dernière édition d'octobre 2014. Des développements récents, qui concernent différents pays de différentes manières, ont influé sur l'économie mondiale depuis la publication de l'édition d'octobre, explique le FMI. De nouveaux facteurs qui soutiennent la croissance (baisse des prix du pétrole, mais aussi dépréciation de l'euro et du yen) sont plus que compensés par des forces négatives persistantes, notamment les séquelles de la crise et la baisse de la croissance potentielle dans de nombreux pays. Dans les pays avancés, la croissance devrait s'accélérer à 2,4% en 2015 et en 2016. Cependant, ces perspectives plus ou moins inchangées masquent une divergence croissante entre les États-Unis, d'une part, et la zone euro et le Japon, d'autre part. Pour 2015, la croissance économique américaine a été révisée à la hausse, à 3,6%, principalement à cause de l'affermissement de la demande intérieure privée. La baisse des prix du pétrole accroît les revenus réels et la confiance des consommateurs et la politique monétaire accommodante continue de soutenir l'activité, en dépit de la hausse progressive des taux d'intérêt qui est attendue. Par contre, l'affaiblissement des perspectives d'investissement pèse sur les perspectives de croissance dans la zone euro qui, elles, ont été révisées à la baisse, à 1,2%. Ceci, malgré le recul des prix du pétrole, le nouvel assouplissement de la politique monétaire, une politique budgétaire plus neutre et la dépréciation récente de l'euro. Au Japon, où l'économie est tombée techniquement en récession au troisième trimestre de 2014, la croissance a été également révisée à la baisse, à 0,6%. La riposte des autorités japonaises, conjuguée à la baisse des prix du pétrole et à la dépréciation du yen, devrait cependant affermir la croissance pour les années 2015 et 2016. Dans les pays émergents et les pays en développement, la croissance devrait rester plus ou moins stable à 4,3% en 2015 et passer à 4,7% en 2016, soit un rythme plus faible que prévu dans l'édition d'octobre 2014 des PEM. Trois facteurs principaux expliquent cette révision à la baisse: 1) les prévisions de croissance pour la Chine, où la croissance de l'investissement a ralenti et devrait encore se modérer, ont été révisées à la baisse, en dessous de 7%. On s'attend maintenant à ce que les autorités s'attachent davantage à réduire la vulnérabilité liée à la croissance rapide du crédit et de l'investissement ces derniers temps, et les prévisions supposent donc que les autorités réagiront moins au ralentissement de fond. Cependant, ce ralentissement de la croissance a des répercussions sur le reste de l'Asie ; 2) les perspectives économiques de la Russie se sont nettement détériorées, avec une prévision de croissance de -3,0% pour 2015, en raison de l'impact économique de la forte baisse des prix du pétrole et de la montée des tensions géopolitiques ; 3) dans beaucoup de pays émergents et en développement, le rebond attendu de la croissance dans les pays exportateurs de produits de base est plus faible ou retardé par rapport aux projections d'octobre 2014, car l'impact de la baisse des prix du pétrole et d'autres produits de base sur les termes de l'échange et les revenus réels pèse davantage sur la croissance à moyen terme. Pour de nombreux pays importateurs de pétrole, l'impulsion résultant de la baisse des prix du pétrole est moindre que dans les pays avancés, car une plus grande partie des gains exceptionnels qui en sont tirés revient aux pouvoirs publics (par exemple, sous la forme d'une baisse des subventions énergétiques). (IL)

 

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AFFAIRES & ENTREPRISES N°132
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