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Bulletin Quotidien Europe N° 11239
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) russie

Bras de fer entre le Conseil de l'Europe et Moscou

Bruxelles, 26/01/2015 (Agence Europe) - « Comme vous le constatez, il n'y a guère de points sur lesquels nous soyons d'accord », avait déclaré, dimanche 25 janvier en fin de matinée, Anne Brasseur, présidente de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), à l'issue d'un point presse mené avec Sergueï Narychkine, président de la Douma russe. L'ambiance était en effet glaciale lors de cet échange de la dernière chance organisé à la veille de l'ouverture de la session 2015 de l'APCE.

En cause, les pouvoirs de la délégation russe suspendus en avril 2014 afin d'exprimer la désapprobation de l'Assemblée face au rattachement de la Crimée à la Russie. Privés de leur droit de vote, de leur droit d'être représentés au sein des instantes dirigeantes de l'APCE et de leur droit de participer à des missions d'observation des élections, les 18 membres russes, parmi lesquels Sergueï Narychkine, avaient claqué la porte avec fracas à l'issue du vote et n'étaient plus réapparus en plénière jusqu'à cette session de janvier où les pouvoirs de toutes les délégations nationales sont systématiquement soumis à validation.

Sans surprise, ce lundi matin, ceux des Russes ont été remis en cause par au moins 30 parlementaires issus de 5 formations politiques différentes. La procédure a donc une nouvelle fois été enclenchée et la commission du règlement saisie, à charge pour elle de rédiger un rapport sur l'évolution de la situation en Crimée. Ce texte sera débattu et soumis au vote dès mercredi soir et devrait, en toute logique, aboutir à la prolongation des sanctions frappant la délégation russe.

Pour Sergueï Narychkine, une telle décision placerait la Russie dans une « situation discriminatoire, non conforme au droit international et contraire aux droits de l'homme. »

Son ton était sans appel dimanche même s'il n'est pas allé jusqu'à réitérer des propos formulés le mercredi précédent dans le journal russe Kommersant auquel il avait annoncé qu'en cas de vote défavorable, la délégation russe quitterait l'APCE pour au moins un an et irait jusqu'à remettre en cause son appartenance au Conseil de l'Europe (COE) à partir de 2016.

La situation est donc extrêmement tendue lors de cette plénière d'hiver de l'APCE. Les angles de vue sur l'annexion de la Crimée sont diamétralement opposés entre Strasbourg et Moscou, l'une dénonçant une violation du droit international, l'autre une annexion fondée sur un référendum démocratique.

On voit mal comment sortir de l'impasse tout comme on ne perçoit pas de dialogue possible au sujet de la situation de Nadia Savtchenko, pilote de l'air de l'armée ukrainienne, membre du Parlement de son pays ainsi que de l'APCE. « Elle est emprisonnée en Russie sans que nous ayons été saisis de la moindre demande de levée d'immunité, ce qui est contraire à notre règlement », a souligné Anne Brasseur qui appelle à tout faire pour sa libération. « Elle est soupçonnée d'être impliquée dans un crime lourd, lié au meurtre de deux journalistes russes en Ukraine en juin dernier », a répondu Sergueï Narychkine osant la comparaison avec les meurtriers de Charlie Hebdo et les imaginant siégeant à Strasbourg. (VL)

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