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Bulletin Quotidien Europe N° 11181
AUDITIONS DES COMMISSAIRES-CANDIDATS / (ae) transports

Adoubée par les députés, V. Bulc devra parfaire ses connaissances

Bruxelles, 21/10/2014 (Agence Europe) - Les eurodéputés ont été cléments, en admettant, mardi 21 octobre, que Violeta Bulc fasse partie de l'équipe Juncker à l'issue d'une audition pourtant en demi-teinte, car préparée dans l'urgence. Les coordinateurs de la commission parlementaire des Transports (TRAN) recommandent à la candidate slovène de parfaire ses connaissances, mais la jugent apte à occuper le poste de commissaire aux Transports.

Préparation accélérée. La libérale slovène, relativement novice en politique, n'a eu que quatre jours pour préparer son grand oral devant les eurodéputés à Strasbourg, lundi 20 octobre. Elle s'est donc présentée à eux passablement nerveuse, mais constamment souriante, voire joviale. Elle a joué la carte de son expérience comme chef d'entreprise à succès dans les télécoms pour convaincre les membres de la commission TRAN, mentionnant au passage l'importance des réseaux et des technologies de l'information et de la communication dans les transports. Toutefois, assez rapidement, les eurodéputés ont pu détecter des failles dans l'apprentissage éclair de la candidate. Aucune proposition propre n'a émergé lors du débat.

Déception sur le plan social. La candidate a en outre buté sur la terminologie des réglementations ou des financements. Elle a difficilement convaincu sur le volet social, cher aux membres de la commission TRAN qui avaient, dans un premier temps, été rassurés par le premier candidat au poste, Maros Sefcovic. Si Mme Bulc a bien confirmé qu'elle privilégiait le dialogue social et qu'elle s'opposait au dumping social, en particulier dans le transport routier, elle n'a pas présenté de solutions concrètes, évoquant, tout au plus, la nécessité de « supprimer les raisons » du dumping social et « d'intégrer les droits sociaux » dans la réalité des activités commerciales. Elle n'a en outre fourni aucune garantie quant au fait que le cabotage routier ne serait pas libéralisé, sujet hautement sensible. « Si l'on voit qu'il y a des bénéfices, je pourrais soutenir cette idée », a-t-elle affirmé en fin d'audition.

Fidélité aux principes. Dans la majorité des domaines, Mme Bulc est restée fidèle à la ligne de la Commission européenne. À propos du quatrième paquet ferroviaire, elle a défendu la transparence financière (citant, là aussi, son expérience entrepreneuriale) et la nécessité de négocier le paquet comme un tout, sans séparer le volet politique du volet technique. En matière de financement des infrastructures, Mme Bulc a promis d'appliquer le principe « utilisés ou perdus » pour les fonds européens et de soutenir celui du « pollueur-payeur » tant que les projets de péage ne seront pas discriminants (en référence aux intentions allemandes). En réponse à diverses questions, elle a confirmé que les droits des passagers, le secteur maritime ou la navigation intérieure seraient à l'agenda. Elle a par contre offert des réponses plus mitigées aux questions relatives à la mise en oeuvre du 'Ciel unique européen' par les États membres, à l'interdiction du trafic transfrontalier des méga-camions et au projet Lyon-Turin financé par l'UE.

Marcher sur les braises. De manière générale, les députés européens ont été relativement cléments avec la candidate slovène, ne lui adressant aucune question piège. Elle a de plus suscité à plusieurs reprises des sourires par sa spontanéité et son enthousiasme, affirmant aimer « voler » ou « la nature », en réponse aux questions sur l'aviation ou le verdissement du transport. Sa conclusion sur une note humoristique lui a enfin garanti la sympathie des eurodéputés en faisant référence à ses initiations chamaniques: « Vous savez que j'ai appris à marcher sur le feu. À certains moments, j'ai cru que j'allais me brûler durant l'audition, mais ça n'est pas arrivé ! », a-t-elle lancé.

Le temps pressait. Les eurodéputés ont donc pris le parti de faire preuve de clémence, d'autant plus que l'approbation de la future Commission en temps et en heure était en jeu. Lors de leur évaluation, les coordinateurs ont donc largement pris en compte le manque de temps imposé à Mme Bulc pour se préparer. Ils ont décidé tôt le lendemain de lui accorder leur confiance, malgré des réserves émises par tous les groupes (par ex. à propos de ses réponses relatives aux méga-camions, aux aéroports régionaux, ou à la ligne Lyon-Turin). Cela, sans recourir à un vote, bien que cela ait été exigé par les conservateurs.

Lettre chargée. La lettre de confirmation adressée à M. Juncker devrait comporter des recommandations pour que Mme Bulc affûte ses connaissances et précise ses intentions dans un programme de travail écrit et lors d'une intervention prochaine en commission TRAN. Cette lettre devrait aussi comporter un volet critiquant la procédure de nomination décrétée par M. Juncker. Une source au Parlement européen explique que les coordinateurs n'ont pas voulu pénaliser Mme Bulc pour l'erreur de casting et la procédure adoptée par M. Juncker, qui a fait de son portefeuille la valeur d'ajustement pour la composition de son équipe. (MD)

 

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