Bruxelles, 05/09/2014 (Agence Europe) - À l'heure où nous mettions sous presse, vendredi 5 septembre, le gouvernement ukrainien et les chefs des forces séparatistes pro-russes dans l'est de l'Ukraine confirmaient la signature, en milieu d'après-midi à Minsk, d'un accord de cessez-le-feu. Ce protocole d'accord conclu dans le cadre du 'groupe de contact' composé de représentants de l'Ukraine, de la Russie, des rebelles pro-russes et de l'OSCE, devait mettre en suspens la mise en oeuvre de sanctions renforcées de l'UE contre la Russie, que les Vingt-huit étaient appelés à approuver d'ici la fin de la journée.
Les séparatistes pro-russes ont signé à Minsk un accord avec Kiev pour un cessez-le-feu à partir de 15h00 GMT vendredi, mais espèrent toujours se séparer de l'Ukraine, a annoncé le 'Premier ministre' de la République populaire autoproclamée de Lougansk, Igor Plotnitski. « Je confirme que nous sommes prêts à respecter le protocole d'accord signé et à arrêter le feu à 18h00, heure de Kiev. Mais cela ne veut pas dire que nous ayons renoncé à nous séparer de l'Ukraine. [Le cessez-le-feu] est une mesure obligatoire pour arrêter l'effusion du sang », a commenté ce représentant des séparatistes.
Le président ukrainien, Petro Porochenko, a confirmé que l'Ukraine avait signé un « protocole préliminaire » pour un cessez-le-feu avec les rebelles et qu'il avait ordonné à l'armée ukrainienne de cesser les hostilités dans l'est du pays à partir de 15h00 GMT vendredi. Peu avant la signature du document, le Premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, avait souligné que le plan de paix pour l'est de l'Ukraine devait prévoir le retrait des troupes russes de son territoire et appelé les Occidentaux à se porter garants d'un tel accord.
L'accord conclu à Minsk a été qualifié de « bonne nouvelle » par la représentante de l'OSCE à Minsk, Heidi Tagliavini. « Nous venons de signer un protocole en douze points, dont le plus important est un cessez-le-feu immédiat aujourd'hui à partir de 18h00, heure de Minsk (15h00 GMT) », a-t-elle annoncé.
Pendant ce temps, les ambassadeurs des États membres de l'UE poursuivaient, à Bruxelles, leurs travaux pour approuver, d'ici la fin de journée, un paquet de mesures visant à compléter le train de mesures restrictives adoptées par l'UE contre la Russie le 31 juillet, concernant l'accès aux marchés de capitaux, la défense, les biens à double usage et les technologies sensibles. Les principales pistes à l'étude visaient à restreindre davantage l'accès aux marchés financiers de l'UE pour les sociétés russes dans le secteur de la défense et les compagnies pétrolières russes et à durcir les conditions de vente des équipements pouvant avoir une utilisation double civile et militaire et de transfert de technologies pour l'exploitation pétrolière.
Tandis que plusieurs États membres d'Europe de l'Est craignant pour leur économie, République tchèque et Slovaquie en tête, montraient des objections à porter trop loin les sanctions contre la Russie, l'option de ne pas mettre en oeuvre immédiatement la nouvelle série de mesures restrictives et d'accorder un délai à la Russie, le temps de voir si le cessez-le-feu et le plan de paix aboutissent, était privilégiée. Des sources diplomatiques relayées par les médias parlaient d'un délai de 72 heures à une semaine. (EH)