Bruxelles, 29/08/2014 (Agence Europe) - La progression alarmante de l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest (Guinée, Liberia, Sierra Leone et Nigeria), qui a déjà fait plus de 1500 morts, nécessite une réponse internationale coordonnée, a averti l'OMS, et c'est à une réponse européenne coordonnée que s'attèle déjà l'Union européenne, ont souligné, jeudi 29 août, des hauts fonctionnaires européens. Au lendemain d'une réunion des ministres compétents de la CEDEAO (Communauté économique de l'Afrique de l'Ouest), ils faisaient le point, devant la presse à Bruxelles, sur la réponse de l'UE à cette épidémie sans précédent, classée par l'OMS au niveau III des urgences sanitaires et qui préoccupe l'UE (EUROPE 11135)
Le sujet sera d'ailleurs abordé au plus haut niveau ce samedi 30 août lors du Conseil européen extraordinaire, ont confirmé des sources européennes, la gravité du problème ayant conduit Herman Van Rompuy à ajouter ce point à l'ordre du jour de la session. Un diplomate a, pour sa part, fait état du souhait de la France de demander la mobilisation de davantage d'argent européen et une réunion extraordinaire des ministres de la Santé.
« Cette épidémie est une menace pour la communauté internationale tout entière. Il faut isoler la maladie, pas les pays touchés. Les pays les plus affectés sont ceux qui ont le plus besoin d'aide extérieure. Le Libéria et la Sierra Leone sont parmi les plus pauvres au monde. Il n'ont pas les capacités de faire face », a souligné un haut fonctionnaire en évoquant tant les ressources en personnel de santé qu'en équipements de protection. « Les services de santé locaux ont fait leur travail et les personnel de santé ont parfois succombé au virus, mais ils sont au-delà de leurs capacités. Isoler ces pays n'est pas la solution, il faut les aider », a-t-il ajouté. Si les Nations unies sont à la tête des efforts, « l'UE est déterminée à s'attaquer à cette crise depuis l'extérieur », a-t-il précisé en citant quatre axes d'intervention pour une action efficace.
Il s'agira de: 1) protéger les citoyens de l'UE en Afrique de l'Ouest et en Europe ; 2) soutenir les efforts médicaux dans les pays concernés ; 3) soutenir les gouvernements de ces pays dans leurs préoccupations quant à l'impact sur l'économie, le commerce, l'approvisionnement alimentaire.4) aider les pays voisins à se protéger contre l'Ebola.
« Le coût est énorme pour ces gouvernements et la DG Devco étudie ce qu'elle peut faire », Nous voulons aider tous les pays de la région à se préparer et à coordonner leurs efforts. Cela exige un leadership de la CEDEAO et de l'Union africaine », a indiqué la même source.
Au 26 août, le bilan de l'épidémie était de 1552 morts et 3069 personnes infectées. La Commission européenne a, pour l'heure, mobilisé 11,9 millions d'euros d'aide humanitaire via Médecins Sans frontières, l'OMS, la Fédération internationale de la Croix rouge et des sociétés du Croissant rouge. Elle examine actuellement les propositions d'autres partenaires pour accroître la capacité de traitement des malades et les activités de détection de la maladie.
Depuis avril, le Centre de prévention et de contrôle des maladies de l'UE (l'ECDC), basé en Suède, suit de près l'évolution de la situation et continue de considérer que le risque en Europe est extrêmement faible. « Il est hautement improbable que l'Ebola atteigne l'UE », répétait vendredi un haut fonctionnaire. A ce jour l'Ebola a fait 1 mort au Royaume-Uni, deux malades, l'un en Espagne, l'autre en Allemagne. Un troisième vient d'être mis en quarantaine en Belgique (MSF). Les experts des Etats membres se réunissent chaque semaine au sein du comité de sécurité sanitaire pour un partage d'expériences, à titre préventif uniquement, certains États membres n'ayant pas les capacités. (AN)