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Bulletin Quotidien Europe N° 11143
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) russie/ukraine

Conflit gazier, M. Oettinger presse pour un compromis

Bruxelles, 29/08/2014 (Agence Europe) - Le commissaire européen à l'Énergie, Günther Oettinger, a réitéré, lors d'un entretien avec le ministre russe de l'Énergie, Alexander Novak, vendredi 29 août à Moscou, sa proposition de trouver une « solution provisoire » à l'interminable différend gazier russo-ukrainien, incluant la fixation d'un prix provisoire pour les approvisionnements futurs de l'Ukraine en gaz russe, ainsi qu'un plan de remboursement de la dette ukrainienne à l'égard du gazier russe Gazprom.

MM. Oettinger et Novak ont convenu que la « solution provisoire » doit contenir les quatre éléments suivants: un prix provisoire ; la réalisation de toutes les obligations d'approvisionnement et de transit ; un plan de remboursement pour les factures impayées à développer dans les prochaines semaines ; le recours au gazoduc OPAL, qui joint Greifswald, au nord-est de l'Allemagne, à Olbernhau, à la frontière germano-tchèque, et relie ainsi le gazoduc Nord Stream au gazoduc JAGAL - lui-même relié au gazoduc Yamal-Europe - et au gazoduc STEGAL, relié à l'itinéraire russe de transport de gaz via la République tchèque et la Slovaquie.

« Nous sommes d'accord sur un prix du gaz intérimaire pour les prochains mois, en attendant que le tribunal d'arbitrage de Stockholm prenne une décision sur le prix final. En outre, l'Ukraine doit payer un acompte pour que le gaz soit livré dans les mois à venir », a précisé M. Oettinger, devant la presse à l'issue de la réunion. « Notre principal objectif est de garantir l'approvisionnement en gaz de l'UE et de ses citoyens, mais aussi des citoyens de la Russie, de l'Ukraine, des Balkans occidentaux, y compris les pays candidats à l'adhésion à l'UE et la Moldavie », a ajouté le commissaire.

Le ministre russe Novak a de son côté mis en garde contre les risques qui pèsent sur la livraison de gaz russe vers l'Europe. « La situation est hautement critique à l'approche de la saison de chauffage », a-t-il déclaré, avertissant d'« un risque que le gaz livré par Gazprom pour l'Europe soit illégalement prélevé par l'Ukraine pour ses propres besoins ». Lueur d'espoir toutefois, M. Novak a indiqué qu'un remboursement partiel de la dette ukrainienne pour les livraisons de gaz russe au printemps dernier, et dont le prix est contesté par Kiev, permettrait d'envisager une restructuration du reste des arriérés de paiement. Présent lors de la réunion, le patron de Gazprom, Alexeï Miller, a estimé qu'en cas de remboursement partiel de la dette, les livraisons de gaz à l'Ukraine pourraient reprendre, à la condition de payer à l'avance les volumes livrés.

La Russie a fermé le robinet du gaz à l'Ukraine depuis l'échec des négociations trilatérales, le 16 juin. Russes et Ukrainiens n'étaient alors pas parvenus à s'entendre sur le compromis proposé par l'UE reposant sur le paiement par l'Ukraine de sa dette suivant un échéancier précis et sur un prix de 385 dollars pour 1 000 mètres de gaz russe pour les achats d'hiver et sur un prix de 300 dollars et quelques dollars de plus pour les achats d'été, contre un tarif de 485 dollars en vertu d'un contrat bilatéral de 2009.

La dette de Kiev était chiffrée par Gazprom à 4,45 milliards de dollars: 1,45 milliard pour les factures de novembre et décembre 2013 et 3 milliards pour les achats d'avril et mai 2014. Gazprom et l'Ukraine ont tous deux saisi, à la mi-juin, la Cour d'arbitrage internationale de Stockholm.

L'arrêt des fournitures de gaz russe à l'Ukraine fait craindre des perturbations des livraisons de gaz russe vers l'UE, dont près de la moitié transite par l'Ukraine, comme en 2006 et 2009. (EH)

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