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Bulletin Quotidien Europe N° 11143
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) ukraine

Les Européens réfléchissent à des sanctions supplémentaires

Milan, 29/08/2014 (Agence Europe) - À leur arrivée au Conseil informel, à Milan, vendredi 29 août, les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont mis en avant la nécessité d'actions européennes supplémentaires, dont des sanctions contre la Russie. Les ministres devaient entre autres préparer les discussions qui auraient lieu le 30 août lors du sommet spécial des chefs d'État et de gouvernement.

Venu avec des pommes pour dénoncer l'embargo russe, le ministre polonais, Radoslaw Sikorski, a espéré que le Gymnich serait l'occasion pour une discussion stratégique « très sérieuse », pour voir quelles étaient les idées de la Haute représentante, de la Présidence italienne et des pays médiateurs pour arrêter la Russie et « sauver l'Ukraine telle qu'elle est ».

Selon le ministre estonien, Urmas Paet, la question des sanctions « sera sur la table » des dirigeants européens. Selon une source européenne, les dirigeants européens devraient donner mandat à la Commission et au SEAE pour de nouvelles sanctions dans les domaines financier, des armes et de l' « exportation de matériel sensible ». « Je suis convaincu que l'Union européenne doit être prête à aller de l'avant avec de nouvelles mesures possibles contre la Russie parce que la situation s'est encore aggravée », a expliqué M. Urmas, parlant « d'invasion russe ». Il a souhaité que les sanctions aient « vraiment un impact ». « Je pense que le 'tout diplomatie' arrive à une phase ou cela ne marche plus. Donc, si la diplomatie ne marche plus, je pense aussi que nous devons poursuivre sur notre ligne », a expliqué à EUROPE le Luxembourgeois Jean Asselborn, sous-entendant les sanctions. « Nous ne pouvons pas ne rien faire, encaisser, ou regarder d'un autre coté », a-t-il souligné, rappelant qu'il n'y avait pas d'option militaire.

Le Belge Didier Reynders a considéré que « le ton, sur le plan diplomatique et des sanctions, devait être très fort, pour éviter l'escalade militaire ». « On va essayer de voir comment renforcer encore la démarche par des instruments pour éviter l'escalade militaire (…). On va regarder par quels moyens convaincre le président russe d'aller vers une solution politique », a-t-il ajouté. Pour le Danois Martin Lidegaard, la situation appelle à de nouvelles sanctions et initiatives à court terme. « Ce n'est pas que je pense que les sanctions vont résoudre tous les problèmes, c'est juste que je ne pense pas que nous puissions permettre ces étapes russes sans réagir». « Le problème est que nous assistons à une escalade du côté russe, nous devons aussi montrer à la Russie qu'il y aura une réaction ferme de la part de l'UE », a-t-il expliqué, appelant aussi à une solution diplomatique.

« Je ne suis pas sûr qu'il y aura des sanctions demain, mais cela ne peut pas rester sans réponse », a expliqué, prudent, le Neerlandais Frans Timmermans. « Nous allons devoir réfléchir à deux choses: comment réagir à ce qui est clairement une activité accrue de la Russie en Ukraine et quelle est la perspective, à long terme, pour résoudre la crise », a-t-il ajouté.

« Les violations de la frontière que nous observons nous laissent craindre que la situation soit devenue incontrôlable. C'est pourquoi il faut y mettre fin, si l'on veut empêcher une confrontation militaire immédiate entre les forces russes et ukrainiennes. Si la situation se prolonge, trouver des solutions politiques va devenir de plus en plus difficile », a averti l'Allemand Frank-Walter Steinmeier.

Si, pour le ministre lituanien Linas Linkevicius, l'UE doit réfléchir à de nouvelles sanctions, il faudrait aussi « étudier tous les soutiens possibles au gouvernement ukrainien », dont un soutien militaire, avec du matériel. Le ministre a précisé qu'il ne parlait pas de l'envoi d'hommes. Le Suédois Carl Bildt a, lui, considéré qu'il s'agissait là d'une question intéressant l'OTAN, mais que l'UE apportait une aide humanitaire, financière et politique. Selon une source européenne, la demande ukrainienne pour obtenir des armements ne devrait pas être discutée lors du sommet européen.

Plusieurs ministres ont aussi appelé à une révision des relations avec la Russie. « Plus de réalisme est nécessaire », a, par exemple, souligné M. Timmermans, mettant en avant l'approche russe envers la sécurité de l'Europe. « Il y a une nécessité de trouver un modus operandi pour les relations avec la Russie », a-t-il ajouté. Il a considéré qu'il s'agissait d'un « énorme challenge » pour l'UE et l'OTAN. « La politique envers la Russie ne fonctionne pas », a reconnu Carl Bildt.

Des sanctions sans effet

Si les sanctions semblent être la solution privilégiée, plusieurs ministres ont reconnu le manque d'effets de ces mesures. Pour M. Lidegaard, « il est vrai que les sanctions ne seront pas en mesure de résoudre le problème ». « Les initiatives prises jusqu'à présent n'ont pas de succès », a regretté M. Reynders, alors que M. Urmas n'a pas vu « de résultats [découler] du dialogue politique ou diplomatique ou des sanctions jusqu'à présent ». « Les sanctions fonctionnent partiellement, mais vous pouvez voir les résultats sur le terrain, donc cela ne fonctionne pas suffisamment », a conclu M. Linkevicius. (CG avec MP et LC)

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