Bruxelles, 29/08/2014 (Agence Europe) - Les dirigeants de l'Union européenne se réuniront, samedi 30 août, pour un Conseil européen extraordinaire qui débutera à 16 heures par le traditionnel échange de vues avec le président du Parlement européen, Martin Schulz.
Convoqué initialement pour remédier à l'échec du dernier Conseil européen du 16 juillet qui n'avait pu déboucher sur la désignation des successeurs de Catherine Ashton au poste de Haut représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et d'Herman Van Rompuy à la présidence du Conseil européen, les chances de succès de ce nouveau conclave sont désormais plus nettes: un consensus s'est en effet dégagé autour de la candidature de Federica Mogherini au poste occupé actuellement par Mme Ashton. Sauf surprise, la ministre italienne des Affaires étrangères devrait prendre la tête de la diplomatie européenne. Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, fait figure de favori pour remplacer M. Van Rompuy.
Le Polonais, s'il était désigné par ses pairs, deviendrait aussi logiquement président des Sommets de la zone euro, comme le veut le traité attribuant ce rôle au président du Conseil européen.
Herman Van Rompuy a consulté, jusqu'à vendredi midi, ses homologues et serait parvenu dans l'après-midi à un accord informel sur ce duo de nominations. L'idée est d'approuver ces deux noms par simple consensus. Mais certaines délégations évoquaient, vendredi, la tenue possible d'un vote pour vérifier que la majorité qualifiée requise est atteinte. Cette éventualité d'un vote semblait toutefois incertaine, selon de sources.
Le Sommet sera largement dominé par la situation en Ukraine, Berlin ayant qualifié d'intervention militaire de la Russie dans l'est du pays (voir autre nouvelle). L'intention de certaines délégations, notamment la France, est en l'occurrence de discuter d'éventuelles nouvelles sanctions. L'Irak, la Syrie et le Proche Orient (Gaza) sont aussi au programme.
Le Conseil extraordinaire pourrait évoquer une discussion délicate, à la demande notamment de la France. Elle porte sur le rythme de réduction des déficits budgétaires et sur les moyens de relancer la croissance. Paris et Rome en discuteront déjà samedi matin lors d'une rencontre des leaders sociaux-démocrates. La France a suggéré la tenue d'un Sommet de la zone euro spécialement consacré à ces sujets et aux mesures de relance de la croissance.
À noter que le problème du virus Ebola et des milliers de morts qu'il cause en Afrique sera inscrit à l'ordre du jour, à la demande notamment de la France (voir autre nouvelle).
Plusieurs organisations agricoles ont demandé au président français, François Hollande, d'évoquer lors de ce Conseil européen le dossier de l'embargo russe sur la plupart des importations agricoles européennes. « Les exportations alimentaires et agricoles soumises à l'embargo représentent approximativement 5 milliards d'euros, sur un commerce total de produits agricoles avec la Russie d'une valeur de 11 milliards d'euros », écrit le Copa-Cogeca dans sa lettre. L'organisation requiert du Conseil européen un soutien clair en faveur du secteur agricole européen, « au travers de la mobilisation de la marge pour imprévus ». Selon elle, l'instrument de gestion des crises, limité à 400 millions d'euros annuellement, sera insuffisant pour remédier aux effets de l'embargo. (SP avec MD/LC)