Bruxelles, 28/08/2014 (Agence Europe) - La Commission européenne a annoncé, jeudi 28 août, de nouvelles mesures en faveur des producteurs européens de lait et produits laitiers affectés par l'embargo russe sur les importations de produits agricoles de l'UE.
En raison de cet embargo, il y a trop de produits laitiers et de fromages sur le marché et, donc, les prix baissent. Les mesures annoncées devraient permettre, selon la Commission, de stocker les produits et ainsi de soulager la pression sur le marché et de permettre de gagner de temps en vue de trouver de nouveaux marchés pour vendre ces produits.
La Commission a présenté jeudi au comité de l'organisation commune des marchés agricoles, qui les approuvera formellement la semaine prochaine, des mesures sous la forme d'aides au stockage privé de beurre et de lait écrémé en poudre. En outre, la Commission a proposé d'étendre cette mesure de marché (stockage privé) à certains fromages. Enfin, la Commission a confirmé que la période d'intervention publique pour le beurre et le lait écrémé en poudre sera prolongé jusqu'à la fin de l'année.
Dacian Ciolos, le commissaire européen à l'Agriculture, a déclaré que les signaux de prix sur le marché du lait de l'UE montrent que l'embargo russe est en train d'affecter ce secteur. « Dans un certain nombre d'États membres, les gains à l'exportation sont en train d'être perdus et de nouveaux débouchés doivent être trouvés », a-t-il dit. Le secteur européen du lait et des produits laitiers « a besoin de temps et d'aide pour s'adapter. J'annonce aujourd'hui des mesures de marché ciblées, concentrées sur la poudre de lait, le beurre et les fromages exportés. Si besoin, d'autres mesures suivront », explique Dacian Ciolos.
Beurre et lait en poudre. Ainsi, le budget de l'UE fournira une aide au stockage privé pour le beurre et le lait écrémé en poudre afin de couvrir les coûts quotidiens de stockage de ces produits pendant 3 à 7 mois. Les produits concernés restent la propriété des opérateurs, qui seront responsables ensuite de la vente des produits lors du déstockage. Un projet d'acte d'exécution sera présenté la semaine prochaine au comité de l'organisation commune des marchés agricoles, en vue d'un vote formel des experts des pays de l'UE.
Fromages. Compte tenu de l'importance de certains fromages dans la valeur des exportations de l'UE vers la Russie (une valeur de près d'un milliard d'euros en 2013), la Commission souhaite étendre l'aide au stockage privé à certains fromages. Mais la législation actuelle n'autorise ce type de soutien que pour les fromages 'de qualité' (sous appellations ou dénominations protégées). Or l'embargo affecte surtout certains fromages de qualité moindre. La Commission doit donc présenter un acte délégué pour que le stockage privé couvre les fromages concernés par l'embargo. La Commission espère avoir la semaine prochaine les données sur les quantités de fromages concernées par ces mesures de stockage privé.
Un tiers des exportations de fromages de l'UE est destiné en temps normal à la Russie. Pour la Finlande et les Pays-Bas, 90% de leurs exportations de fromages sont destinées au marché russe, et tout de même 35% s'agissant des Pays-Bas et de l'Allemagne.
Chiffres. Les exportations de produits laitiers de l'UE vers la Russie ont représenté l'année dernière 2,3 milliards d'euros, notamment sous la forme de: fromages (1,0 milliard d'euros), préparations alimentaires (470 millions), beurre (140 millions), produits laitiers frais (100 millions), produits finis (90 millions), SMP (70 millions) et lactosérum en poudre (30 millions).
25 États membres ont exporté du fromage en Russie en 2013, mais les principaux exportateurs de fromage de l'UE vers la Russie sont les Pays-Bas, les pays baltes, la Finlande, la Pologne, le Danemark, l'Allemagne, l'Italie et la France.
Coûts des mesures. L'aide au stockage privé pour le beurre, le lait écrémé en poudre et les fromages pourrait coûter au budget communautaire, selon certaines estimations très provisoires, entre 10 et 20 millions d'euros. La Commission espère avoir la semaine prochaine les données sur les quantités de fromages concernées par ces mesures de stockage privé, ce qui permettra d'avoir une vision plus claire du coût de ces mesures. La Commission précise en outre que certains fromages (notamment finlandais) ne peuvent pas être stockés.
Ces mesures s'ajouteront aux mesures de soutien du marché déjà annoncées pour les pêches et nectarines (32,7 millions d'euros) et pour les fruits et légumes périssables (125 millions d'euros).
La suite. « Dans les prochains jours », le commissaire Dacian Ciolos présentera aux États membres (lors du Conseil Agriculture extraordinaire du 5 septembre) et au Parlement européen une première analyse complète de l'impact (à court et moyen termes) de l'embargo russe sur les grands secteurs agro-alimentaires européens, « ainsi qu'un aperçu des options politiques » pour y faire face, a dit le commissaire Ciolos. « Au moment où des risques importants de déstabilisation du marché apparaissent, je vais continuer à utiliser la nouvelle PAC et à agir de façon préventive pour stabiliser le marché », a promis Dacian Ciolos . M. Ciolos va aussi faire le point de la situation mercredi prochain au sein du collège des commissaires. Il pourrait même s'adresser à la presse après la réunion de la Commission. (LC)