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Bulletin Quotidien Europe N° 11142
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) eurozone

F. Hollande demande un sommet pour relancer l'économie

Bruxelles, 28/08/2014 (Agence Europe) - Le président français, François Hollande, a proposé, jeudi 28 août, la tenue d'un sommet de la zone euro pour lutter contre le spectre d'une « longue stagnation ».

Lors du sommet européen extraordinaire, samedi 30 août, « je proposerai qu'un sommet de la zone euro puisse être réuni dans les meilleurs délais pour prendre les décisions nécessaires », a déclaré le dirigeant socialiste lors de la conférence annuelle des ambassadeurs de France, jeudi 28 août à Paris.

Refusant que l'Europe traverse « une longue et peut-être interminable stagnation », M. Hollande a estimé qu'une initiative européenne destinée à stimuler l'économie était dans « l'intérêt de l'Europe, car c'est sa place dans l'économie mondiale qui est en cause ». Et d'ajouter: « Nous ne pouvons pas être regardés comme un continent qui aurait la plus faible croissance du monde et qui serait le seul à ne pas vivre la reprise économique ».

Figure parmi les sujets éventuels de discussion une initiative que l'Union européenne pourrait prendre pour relancer la croissance. Il pourrait s'agir de mettre en musique le paquet de 300 milliards d'euros sur 3 ans destiné à stimuler les investissements publics et privés que le futur président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a évoqué lors de sa désignation.

Si aucune date n'est précisée à ce stade, ce sommet aurait vraisemblablement lieu avant que la Commission présente, début novembre, son opinion sur les projets de budget 2015 des États membres.

La question du rythme de réduction des déficits publics pourrait aussi être soulevée. Mi-août, la France a admis son incapacité à ramener son déficit sous les 4% du PIB national, mettant à mal l'objectif de 3% fixé pour 2015 (EUROPE 11136). En juillet, les leaders européens n'avaient pas requis une modification des règles du Pacte de stabilité et de croissance et avaient prôné le recours aux flexibilités déjà existantes dans les règles budgétaires européennes (EUROPE 11110).

Recul d'indicateurs de confiance. Jeudi, la Commission européenne a révélé que le sentiment économique était retombé en août à son plus bas niveau depuis décembre 2013, s'affichant à 100,6, soit une baisse d'1,5 points.

Dans l'UE, la même tendance: l'indice du sentiment économique a diminué d'1,2 points à 104,6. Le recul de l'indicateur découle une détérioration de la composante mesurant le sentiment dans le commerce de détail (-2,3 points), chez les consommateurs (-1,6), dans l'industrie (-1,5) ainsi que, dans une moindre mesure, dans le secteur des services (-0,5 points).

Ces chiffres en recul ne sonnent pas comme « une surprise, suivant les chiffres de la croissance décevants du second trimestre et les tensions géopolitiques qui ont marqué l'été mais ce n'en n'est pas moins une source d'inquiétude », a estimé Jyrki Katainen, commissaire aux Affaires économiques et monétaires, dans une déclaration publiée peu après la divulgation des chiffres.

Et de poursuivre en estimant que, sans confiance, le rebond des investissements nécessaire à une reprise robuste de la croissance et de l'emploi, ne serait pas constaté. Il avait déjà insisté sur ce facteur lors de son audition devant la commission des Affaires économiques et monétaires du PE, en juillet dernier (EUROPE 11121).

« Il y a un besoin urgent d'utiliser tous les outils disponibles pour soutenir la croissance et promouvoir l'investissement », a-t-il encore ajouté, appelant à augmenter la cadence des réformes structurelles. Selon lui, « il n'y a qu'à travers les réformes que nous parviendrons à une reprise durable de la croissance et la création d'emplois ». Et de préconiser un équilibre entre des politiques budgétaires orientées vers la croissance durable et la stabilité, en particulier, dans la composition des dépenses publiques.

Parmi les économies les plus larges de la zone euro, le sentiment en Italie a connu la chute la plus rude, avec un recul de 4,1 points, suivie de l'Allemagne avec -1,9. Une contraction plus douce est constatée en France (-0,6) et au Pays-Bas (-0,8). Un recul plus modéré de l'indicateur dans les deux plus grandes économies de l'UE hors zone euro (Royaume Uni -1,1 et Pologne -1) a permis une contraction moins sévère de l'indicateur dans l'UE.

À noter également que l'indice du climat des affaires est, lui, en recul, à 0,16 en août contre 0,17 en juillet. (MB/EL)

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