Bruxelles, 19/08/2014 (Agence Europe) - Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a condamné, mardi 19 août, le bombardement d'un convoi de civils fuyant, la veille, les combats de Lougansk, à l'est de l'Ukraine, et qui aurait fait au moins 15 morts.
L'armée ukrainienne et les séparatistes pro-russes se renvoient la responsabilité des tirs. Lors d'une conversation téléphonique avec le président ukrainien Petro Porochenko, M. Barroso a demandé une enquête sur cet incident et rappelé la nécessité de protéger la vie des civils.
Le 15 aout, réunis en Conseil 'Affaires étrangères' extraordinaire, les ministres européens avaient appelé toutes les parties à « soutenir et à faciliter sans délai » le travail des organisations humanitaires internationales, et à se mettre d'accord sur un cessez le feu « en particulier en réponse à l'urgence humanitaire ». Ils avaient appelé les parties à garantir la sécurité des civils et à faciliter leurs déplacements.
La Commission avait annoncé le 12 août un financement supplémentaire de 2,5 millions d'euros pour aider les personnes touchées par la poursuite des combats.
M. Barroso a souligné la nécessité de stopper les hostilités à la frontière entre l'Ukraine et la Russie et la circulation des armes et de personnes de la Russie vers l'Ukraine. Les ministres avaient aussi rappelé que « toutes les actions militaires unilatérales de la part de la Russie en Ukraine, sous n'importe quel prétexte, y compris humanitaire, serait considérées par l'UE comme une violation flagrante du droit international ».
Menace de nouvelles mesures et balai diplomatique
Le Conseil 'Affaires étrangères' s'est aussi dit « prêt à envisager de nouvelles mesures, à la lumière de l'évolution de la situation sur le terrain ». Il a regretté l'annonce russe de mesures visant les importations de produits agricoles originaires de l'UE (voir autre nouvelle). « Afin d'assurer l'unité de la communauté internationale et le respect du droit international, l'UE attend des pays tiers et des pays candidats qu'ils s'abstiennent de mesures qui visent à exploiter les nouvelles possibilités commerciales découlant de l'introduction de ces mesures », ont prévenu les ministres. La Turquie aurait l'intention d'augmenter ses exportations de produits agricoles vers la Russie.
Les ministres ont également considéré que « la nécessité de trouver une solution politique durable » à la crise était devenue « une question d'urgence ». « L'UE soutiendra activement toute forme de rencontre propice à la création d'un nouvel élan politique », ont ajouté les chefs de la diplomatie. Les ministres des Affaires étrangères allemand, français, ukrainien et russe se sont rencontrés le 17 août à Berlin, sans qu'il y ait de véritables progrès. La chancelière allemande, Angela Merkel, se rendra le 23 août en Ukraine.
Le 13 août, M. Barroso, M. Porochenko et le président russe, Vladimir Poutine, avaient convenu de tenir des consultations sur les questions liées à la mise en œuvre de l'accord d'association UE-Ukraine et sur la fourniture de gaz, en parallèle des efforts visant à stabiliser la situation politique et sécuritaire.
Mardi, M. Barroso a annoncé qu'à la suite de l'invitation des présidents russe et ukrainien, il avait demandé à la Haute Représentante Catherine Ashton, et aux commissaires au commerce Karel de Gucht, et à l'énergie, Günther Oettinger, de représenter l'UE au sommet entre l'Union douanière eurasiatique (Russie, Belarus, Kazakhstan) et l'Ukraine, le 26 août à Minsk (Belarus). Le président de la Commission a également invité M. Porochenko à se rendre à Bruxelles « dans un proche avenir ».
À noter que, début août, le Hongrois Kalman Mizsei a pris à Kiev ses fonctions de chef de la mission consultative de l'UE pour la réforme du secteur de la sécurité civile en Ukraine (EUAM Ukraine). Cette mission a été établie, fin 22 juillet, par le Conseil 'Affaires étrangères' (EUROPE 11126). (CG)