Bruxelles, 19/08/2014 (Agence Europe) - La Commission européenne a annoncé, lundi 11 août, qu'elle allait introduire des mesures exceptionnelles en faveur des producteurs de pêches et nectarines, confrontés à une chute constante des prix.
La douceur du printemps a provoqué une récolte record, mais la météo de l'été dissuade de manger ces fruits dont la consommation est en berne. La semaine dernière, l'annonce par la Russie d'un embargo total sur les exportations de produits alimentaires frais de l'Union a déstabilisé encore davantage ce marché.
Plutôt que d'attendre un effondrement complet des prix, le commissaire européen à l'Agriculture a annoncé des mesures exceptionnelles. « Suite à la récente baisse des prix sur les marchés des pêches et des nectarines, une action urgente est nécessaire », a dit Dacian Ciolos, annonçant « des mesures rétroactives immédiates visant à réduire l'offre et à favoriser la demande ».
Retraits du marché
Il s'agit notamment d'accroître de 5 à 10% le volume de fruits autorisés à être retirés du marché et distribués gratuitement.
Des mesures exceptionnelles seront également prises pour soutenir les producteurs individuels. La décision formelle sera prise prochainement, mais elle s'applique rétroactivement depuis le 11 août. L'idée de prendre de telles mesures était « déjà sur la table la semaine dernière, mais l'annonce de restrictions à l'importation décidées par la Russie risque d'aggraver encore la situation du marché (des pêches et des nectarines, NDLR) et a accéléré la nécessité d'une action », souligne la Commission.
En cas de perturbation d'un marché, la politique agricole commune (PAC) autorise la Commission à agir de façon assez souple, en puisant dans une réserve de crise dotée de 420 millions d'euros par an, afin de mieux réguler l'offre et de la demande.
En théorie, l'embargo russe met en jeu 5,2 milliards d'euros d'exportations européennes en fruits et légumes, viande et produits laitiers sur la base de 2013. La Commission espère qu'une grande partie des ventes pourra être réorientée vers d'autres pays.
L'UE produit chaque année environ 2,5 millions de tonnes de pêches et 1,2 million de tonnes de nectarines. Les plus gros producteurs sont l'Italie, l'Espagne, la France et la Grèce. Ces deux productions sont au cœur d'une âpre concurrence entre la France et l'Espagne, après celle des fraises au printemps. Les producteurs français soupçonnent leurs voisins espagnols de pratiquer 'le dumping commercial' pour tuer le marché français. (LC)