Bruxelles, 19/08/2014 (Agence Europe) - Martine Reichert a bien l'intention de ne pas laisser les grands moteurs de recherche discréditer l'arrêt rendu par la Cour de justice de l'UE sur le droit à l'oubli afin d'affaiblir la réforme sur la protection des données (EUROPE 11078). La commissaire européenne à la Justice s'est exprimée en ce sens à Lyon le 18 août lors d'une conférence de la Fédération internationale des associations de bibliothécaires et des bibliothèques (IFLA).
Alors que des moteurs de recherche comme Google se plaignent de cet arrêt qui les tient responsables du traitement des données à caractère personnel publiées sur des pages web de tiers, la commissaire les a averti: « Gérer des données personnelles de citoyens génère d'énormes bénéfices économiques. Cela apporte aussi des responsabilités. Ce sont les deux faces d'une même pièce». Elle a rappelé que le droit à l'oubli n'autorisait pas tout un chacun à demander la suppression d'un contenu pour le simple fait qu'il soit gênant, mais de trouver un équilibre entre les intérêts légitimes des utilisateurs d'Internet et le respect des droits fondamentaux, comme la liberté d'expression.
Elle estime que ceux qui essayent de déformer cette notion de droit à l'oubli pour discréditer la réforme sur la protection des données, notamment numériques, ne jouent pas le jeu. « Je ne les laisserai pas abuser de cet arrêt crucial pour nous empêcher d'ouvrir le marché unique du numérique pour nos entreprises et mettre en place une protection renforcée pour nos citoyens », a-t-elle lancé.
Elle a également demandé aux États membres de respecter l'objectif qu'ils se sont fixés lors du sommet européen de juin à savoir d'adopter un nouveau cadre de protection des données d'ici à 2015. (MD)