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Bulletin Quotidien Europe N° 11135
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) agriculture

Embargo russe, 125 millions € pour les fruits et légumes

Bruxelles, 19/08/2014 (Agence Europe) - La Commission européenne a annoncé, lundi 18 août, le déblocage de 125 millions d'euros pour soutenir le secteur des fruits et légumes de l'UE, frappé par l'embargo russe d'un an sur les produits alimentaires occidentaux. Une réunion exceptionnelle des ministres de l'Agriculture de l'UE est prévue le 5 septembre à Bruxelles pour faire le point sur l'impact de l'embargo russe.

Formellement adoptées dans quelques semaines mais en vigueur de manière rétroactive depuis lundi 18 août jusqu'à fin novembre, ces mesures de soutien du marché via des retraits indemnisés de produits concernent les carottes, tomates, choux blancs, poivrons, choux-fleurs, concombres et cornichons, champignons, pommes, poires, fruits rouges, raisins de table et kiwis.

Grands fournisseurs de légumes périssables et de fruits à la Russie, la Pologne, la Lituanie, la Belgique et les Pays-Bas seront les principaux bénéficiaires de ce soutien.

Tous les producteurs sont éligibles

« Tous les cultivateurs des produits concernés, qu'ils appartiennent ou non à des organisations de producteurs, seront éligibles », a précisé le commissaire à l'Agriculture, Dacian Ciolos.

Le budget de l'UE prévu pour ces mesures est de quelque 125 millions d'euros. « L'idée est de réduire les quantités mises sur le marché pour que les prix ne chutent pas à un niveau de crise », a relevé une source des services du commissaire. La Commission a décidé de recourir à ces mesures d'urgence, qu'elle peut financer via une réserve de crise de plus de 420 millions d'euros par an, en raison de l'absence de débouchés alternatifs pour les produits périssables concernés, frappés par l'embargo « en pleine saison de récolte ».

Le dispositif prévoit d'accroître de 5% à 10% le volume des produits pouvant être retirés des marchés et d'indemniser les producteurs à hauteur de 50% à 100%, selon que le produit est commercialisé sous une autre forme, n'est pas récolté ou est distribué gratuitement.

La Commission a indiqué qu'elle « n'hésiterait pas à soutenir d'autres secteurs », notamment les fromages et les viandes, également frappés par l'embargo.

Après une réunion des experts agricoles de la Commission et des 28 pays de l'UE, la Commission avait annoncé, jeudi 14 août, qu'elle prendrait de nouvelles mesures exceptionnelles pour soutenir les producteurs de fruits et légumes touchés par l'embargo russe.

La Commission avait déjà décidé, lundi 11 août, d'aider le secteur des pêches et nectarines, dont les difficultés dues au mauvais temps venaient d'être aggravées par l'embargo russe (voir autre nouvelle).

Dans un communiqué, le Copa-Cogeca « salue » le soutien apporté au secteur agricole de l'UE en réponse à la crise. Il appelle la Commission à « mettre en œuvre rapidement les mesures envisagées afin d'éviter une nouvelle détérioration du marché ». « Les prix des produits périssables tels que les fruits, les légumes et les produits laitiers frais ont déjà subi un impact très négatif en raison de la crise et une baisse de plus de 90 % a été observée dans certains cas. Les prix d'autres produits ciblés par l'embargo sont également soumis à une forte pression », indique l'organisation. Et d'appeler « à la mise en œuvre de mesures de marché extraordinaires, comme le retrait de produits du marché et leur envoi par exemple à des associations caritatives, un versement anticipé des paiements directs, l'intensification des campagnes de promotion afin de stimuler la demande et l'accélération des négociations d'accords de libre-échange avec des pays tiers dans le but d'accéder à leurs marchés ».

« L'embargo russe aura de graves répercussions sur le secteur agricole durant bien plus d'un an », estime le Copa-Cogeca. Les premières indications montrent que les coûts seraient nettement plus élevés que les 400 millions d'euros prévus dans le fonds de crise de la PAC, selon ces organisations, pour qui les aides octroyées devraient être financées par d'autres fonds que le seul budget de la PAC. « Étant donné l'ampleur de la crise, la surveillance des marges bénéficiaires au sein de la chaîne alimentaire relèvera également de la plus haute importance pour réduire la spéculation. La Commission doit en outre garantir la coordination des mesures entre États membres et veiller à ce que des fonds nationaux supplémentaires soient dégagés pour faire face à la crise », conclut le Copa-Cogeca. (LC)