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Bulletin Quotidien Europe N° 11065
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) agriculture

Manifeste du COPA-COGECA en vue des élections au PE

Bruxelles, 23/04/2014 (Agence Europe) - En vue des prochaines élections au Parlement européen, en mai 2014, le COPA-COGECA a élaboré, le 15 avril, un manifeste dans lequel il demande des accords commerciaux équitables et équilibrés et prône la prudence concernant le paquet climat et énergie.

Dans ce manifeste, qui détaille les priorités pour l'agriculture européenne dans les années à venir, les organisations agricoles de l'UE demandent aux eurodéputés de défendre: - un secteur agricole européen fort pour la croissance et l'emploi, l'économie et la société ; - des accords commerciaux internationaux qui respectent les normes de production européennes élevées ; - un meilleur revenu pour les agriculteurs ; - la lutte contre le changement climatique et la diversification de l'approvisionnement énergétique ; - la création de nouvelles opportunités commerciales dans les zones rurales ; - et de faire de la politique agricole commune de l'UE un succès.

L'Europe exporte chaque année l'équivalent de 114 milliards d'euros de production agricole, les deux tiers étant des produits agricoles transformés. Le COPA-COGECA demande donc aux eurodéputés de veiller à ce que les accords commerciaux soient « équitables et équilibrés » et qu'ils reconnaissent les normes élevées de production de l'UE. En ce qui concerne les négociations commerciales bilatérales à venir entre l'UE et les États-Unis, il estime qu'il existe un potentiel de croissance de part et d'autre de l'Atlantique. « Nous constatons des tendances de marché positives, notamment pour le vin, le fromage et la viande transformée », explique le COPA. L'organisation pense que 3/4 des gains de l'accord de libre-échange avec les États-Unis proviendraient de la levée des obstacles non tarifaires au commerce. Le COPA-COGECA souhaite par ailleurs que les normes européennes de production soient respectées dans le cadre de toutes les négociations bilatérales. L'utilisation d'hormones et d'autres accélérateurs de croissance dans la production de viande, tout comme l'emploi de chlorine dans la production de poulet ne sont notamment pas autorisés par la législation de l'UE. « Il est donc impératif que les importations vers l'UE respectent ces normes ». Il est, de plus, nécessaire d'obtenir une reconnaissance du système européen d'indications géographiques (IG), qui protège des imitations les produits européens de qualité tels que le vin. « Il convient d'établir une sécurité juridique au niveau mondial ». Le secteur européen le plus sensible sera celui de la viande et a d'ailleurs été classé comme tel dans l'offre initiale de la Commission européenne aux États-Unis en matière d'accès au marché. Néanmoins, au vu des différentes négociations bilatérales, la classification des produits sensibles n'est plus suffisante pour tenir compte de la spécificité des secteurs. « Nous invitons donc les eurodéputés à suivre attentivement le dossier de la gestion des contingents tarifaires, afin d'éviter des problèmes sur les marchés européens. L'offre des États- Unis en matière d'accès au marché doit être significativement améliorée », expliquent les organisations agricoles.

Pour renforcer la position des agriculteurs au sein de la chaîne alimentaire, le COPA-COGECA appelle les eurodéputés à encourager le développement des coopératives agricoles. Cela garantira une meilleure répartition de la valeur ajoutée tout au long de la chaîne alimentaire.

Le COPA-COGECA exhorte les eurodéputés à faire preuve de prudence vis-à-vis de la proposition de la Commission européenne concernant le paquet climat et énergie, notamment au sujet de l'option visant à accroître l'objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre à 40%. Cela aura pour conséquence un fardeau d'autant plus lourd pour le secteur non-SCEQE (système communautaire d'échange de quotas d'émission), lequel inclut l'agriculture. Le COPA-COGECA est convaincu que le cadre existant pour le secteur non-SCEQE demeure un outil approprié pour garantir la contribution du secteur agricole aux engagements en matière de réduction des émissions autres que le CO2. Il souligne que les propositions de la Commission sur les politiques en matière de climat et d'énergie à l'horizon 2030 « manquent d'ambition » en termes de définition d'objectifs pour les énergies renouvelables. Le COPA souhaite la fixation d'un sous-objectif spécifique en matière d'énergies renouvelables utilisées dans les transports de plus de 10%, compte tenu du développement de l'électricité renouvelable et des véhicules électriques. En l'absence d'objectifs nationaux contraignants en matière d'énergie renouvelable, de sous-objectifs concernant les énergies renouvelables utilisées dans les transports et d'objectifs ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre dans les transports, « l'énergie consommée viendra avant tout des carburants fossiles et non de sources renouvelables, ce qui rendra plus difficile la réalisation des objectifs de réduction des émissions », estime le COPA-COGECA. La suppression du soutien aux biocarburants durables de première génération aura donc des répercussions très négatives sur le développement commercial des biocarburants avancés. « Les biocarburants européens ne doivent pas être pénalisés par des émissions de gaz à effet de serre dues à des changements indirects d'affectation des terres, dans la mesure où l'impact réel reste impossible à évaluer en raison du manque de preuves scientifiques ». Le COPA-COGECA appelle les eurodéputés à veiller à ce que ce problème soit traité. (LC)

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