Bruxelles, 13/01/2014 (Agence Europe) - L'idée d'une mission militaire de l'UE en République centrafricaine non pour combattre mais pour contribuer soit à sécuriser Bangui - y compris l'aéroport à proximité duquel campent quelque 100 000 personnes déplacées - et acheminer de l'aide humanitaire, soit à sécuriser l'axe routier principal entre la Centrafrique et le Cameroun, monte en puissance. Ce sont là les deux options sur la table, la première recueillant, à ce stade, le plus de soutien des États membres et la préférence de la France, mais au sein du Comité politique et de sécurité de l'UE (COPS) « tout le monde a dit que tout dépendra de la situation sur le terrain », indiquait, lundi 13 janvier, une source diplomatique.
Les ambassadeurs des États membres de l'UE, réunis au sein du COPS, ont donné, vendredi 10 janvier à Bruxelles, leur accord de principe unanime au possible déploiement rapide d'une force militaire. « Les États membres sont convenus que l'UE pourrait contribuer à la restauration de la sécurité et aux efforts de ses partenaires africains en Centrafrique, en pleine coordination avec l'Union africaine et les Nations unies. Le COPS a demandé au Service européen pour l'action extérieure (SEAE) de poursuivre le travail de planification d'une possible opération militaire en Centrafrique et de présenter un document d'options plus détaillé cette semaine », a confirmé, lundi 13 janvier, le porte-parole de Mme Ashton
La décision sera prise par le Conseil Affaires étrangères de l'UE le 20 janvier prochain. L'idée est qu'une force militaire de l'UE se déploie rapidement en Centrafrique pour contribuer à y rétablir la sécurité aux côtés de la force panafricaine de la MISCA et de l'opération française SANGARIS (1 600 hommes). Pour l'heure, seule la Pologne et éventuellement la Belgique seraient prêtes à envoyer des soldats. « Pour qu'une mission militaire puisse être décidée, il faut qu'il y ait un accord à 28 et que le nombre de pays volontaires soit suffisant pour atteindre une masse critique de contributions. Pour l'instant, il n'y a pas d'annonce formelle de contribution. Le déploiement pourrait se faire en quelques semaines dans le meilleur des cas. C'est davantage une question d'engagement politique que de procédures », précise la même source diplomatique. Même s'il n'est que symbolique, ce renfort européen qu'appelait de ses voeux le président Hollande lors du dernier Conseil européen (EUROPE 10989) permettra d'alléger la tâche de la France, en attendant que la MISCA soit transformée en mission de paix de l'ONU. L'accord de principe au sein du COPS a coïncidé avec l'éviction de Michel Djotodia, président de transition centrafricain et de son Premier ministre, Nicolas Tingaye, qui ont démissionné le 10 janvier, sous la pression de la France et des pays de l'Afrique centrale. (AN)