Bruxelles, 13/01/2014 (Agence Europe) - Pascal Lamy dirigera le groupe consultatif mis sur pied par la Commission européenne pour trouver, avec les partenaires concernés, une position commune sur l'utilisation future de la bande UHF (Ultra Hautes Fréquences) pour la télévision et le haut débit sans fil. « Je sais que les discussions vont être assez difficiles. Personne ne pourra gagner sur tous les tableaux mais j'ai la certitude que, grâce à l'ouverture d'esprit et la volonté de chacun de se placer à un niveau stratégique, nous pourrons fournir une vision d'ensemble à l'Europe », a déclaré Pascal Lamy. « Si nous voulons tirer profit des derniers progrès en matière de TV et d'Internet, une utilisation plus efficace des radiofréquences en Europe s'impose. C'est pourquoi nous devons dégager un nouveau consensus sur la façon d'utiliser les fréquences destinées à la radiodiffusion (…) M. Lamy connaît la scène mondiale, c'est l'homme de la situation », a déclaré la commissaire responsable de la stratégie numérique, Neelie Kroes. Président d'honneur de Notre Europe - Institut Jacques Delors, Pascal Lamy est l'ancien directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et ancien commissaire européen chargé du commerce.
Face à une croissance rapide et massive de la demande de radiofréquences, la Commission souhaite disposer de résultats rapides sur le partage de la bande UHF (470-790 MHz). L'objectif du groupe de haut niveau, composé de hauts responsables de sociétés européennes du secteur de la radiodiffusion, des réseaux et de la téléphonie mobile, ainsi que d'organismes chargés des aspects techniques, sera de formuler des propositions à la Commission sur la façon d'utiliser cette bande de fréquences au cours des prochaines décennies. Pour cela, il faudra que les interlocuteurs s'entendent sur le partage de ces fréquences actuellement utilisées pour la radiodiffusion, le haut débit mobile et les microphones sans fil qui voient d'un mauvais oeil son ouverture aux applications sans fil à haut débit. Or cette ouverture est essentielle afin de garantir la fourniture de services télévisuels et à haut débit en plus grande quantité et de meilleure qualité, souligne la Commission qui estime que le partage des bandes de fréquences entre les radiodiffuseurs et les opérateurs de nouveaux services n'est pas incompatible s'il se fait de manière intelligente et coordonnée. Si rien ne se fait, il risque d'y avoir un blocage de la transmission des contenus car l'assignation actuelle des radiofréquences est incompatible avec les habitudes de consommation prévisibles, lesquelles reposent sur des volumes énormes de contenu audiovisuel transitant par le haut débit et l'IPTV, avertit Mme Kroes.
Plus précisément, la Commission a demandé au groupe de réfléchir à la façon dont l'Europe aura accès au contenu audiovisuel et aux données et les utilisera à moyen et long termes, et de soumettre des propositions répondant à quatre questions distinctes: 1) À quoi la prochaine génération de procédés d'émission et de réception (hertziennes) de contenus audiovisuels (y compris la télévision linéaire) ressemblera-t-elle ? 2) Comment assurer l'intérêt général et procurer des avantages au consommateur tout en facilitant la transformation du marché ? 3) Quels sont les aspects stratégiques de l'utilisation des radiofréquences dans la bande UHF compte tenu de la première question ? Quel rôle réglementaire l'UE aurait-elle dans la coordination des développements ? 4) Quelles sont les incidences financières d'une plate-forme hertzienne de nouvelle génération servant à la radiodiffusion et à Internet ?
Jusqu'à présent, le débat entre les parties prenantes tourne en rond et le fossé se creuse chaque jour davantage entre l'Union européenne, d'une part, et les États-Unis, le Japon et la Corée du Sud, d'autre part, qui avancent très vite en la matière. « Le groupe de haut niveau est une pièce maîtresse pour identifier la voie à suivre », estime Neelie Kroes. Elle espère que les avis qui émaneront du groupe permettront à la Commission d'élaborer, en coopération avec les États membres, une politique stratégique et réglementaire à long terme concernant l'utilisation future de la bande UHF (470-790 MHz) dans son intégralité, y compris les possibilités de partage des fréquences. (IL)