Bruxelles, 06/01/2014 (Agence Europe) - Pour les dix ans venir, la Commission européenne prévoit une croissance modeste du secteur agricole, limitée notamment par les contraintes environnementales dans les productions animales. Pour les céréales, le marché est tiré principalement par la demande intérieure en biocarburants et les rendements ne progressent que faiblement. Les productions animales (lait, porc et volaille en particulier) se développent à la faveur de la demande mondiale grandissante.
La Commission européenne a publié, fin décembre 2013, ses perspectives à moyen terme (2013-2023) pour le secteur agricole européen qui, comme le reste de l'économie, devrait connaître une reprise modérée à partir de 2014.
Les perspectives à moyen terme pour le secteur des cultures arables sont « relativement positives », grâce à la solide demande mondiale et à des prix élevés. La Commission prévoit pour le secteur des céréales des conditions relativement serrées sur les marchés, des stocks à des niveaux faibles et des prix supérieurs aux moyennes à long terme. L'UE reste un exportateur net de cereals.
Le marché des biocarburants restera le principal facteur de croissance dans le secteur des grandes cultures pour les dix ans à venir dans l'UE. Dans le cadre de la directive européenne sur les énergies renouvelables qui prévoit 10% d'énergies renouvelables dans les transports d'ici 2020, les biocarburants devraient contribuer à 8,5% de cet objectif. À partir de 2020 la production devrait stagner à 18,6 millions de tonnes (contre 11,3 millions de tonnes en 2013), voire légèrement diminuer.
La production céréalière devrait, elle, dépendre principalement des rendements car les surfaces agricoles sont appelées à légèrement reculer. Ainsi, la récolte en 2023 pourrait atteindre 316 millions de tonnes principalement en raison de faibles taux de croissance annuels de rendement (0,6 % en moyenne). Les rendements de maïs, colza et tournesol devraient progresser d'environ 1% par an ; par contre, ceux du blé ne devraient que très peu évoluer (+0,3% par an). Une réaffectation des surfaces entre les cultures est attendue: le maïs et le blé tendre couvrant de plus en plus de superficie (respectivement 18% et 41 %) au détriment des autres céréales.
Le porc et la volaille se développent, le bœuf recule.
Le secteur de la viande de l'UE devrait être soutenu par une forte demande sur le marché mondial. En Europe, les perspectives de reprise de la croissance économique permettraient une augmentation de la consommation. La viande de volaille restera le segment le plus dynamique et le porc continuera à être la viande la plus consommée (31,8 kg consommés par habitant et par an). La consommation de viande de boeuf et de mouton devrait baisser à la fois en termes absolus et relatifs. Pour ce qui est de la production, c'est la viande de volaille qui augmentera le plus rapidement avec un taux de croissance annuel de 0,8% entre 2012 et 2023 pour atteindre 13,6 millions de tonnes. Les exportations devraient progresser de 15% dans la prochaine décennie notamment à destination de la Chine et de l'Arabie saoudite.
Pour le porc, après deux années de baisse (de respectivement -2% et -1,2% en 2011 et 2012) en raison de la mise en oeuvre de nouvelles règles de protection des animaux, la production est appelée à augmenter à partir de 2014 pour atteindre 23,4 millions de tonnes en 2023. Cette augmentation (+2,8 % sur la période) est modérée en raison des contraintes environnementales dans certains des principaux pays producteurs (par exemple aux Pays-Bas et en France). Les exportations devraient bondir de 12,4% en 2023 par rapport à 2010-2012 principalement à destination de la Russie et de la Chine.
Enfin, la production de viande bovine devrait diminuer d'environ 7 % d'ici 2023 à 7,6 millions de tonnes, principalement en raison de l'évolution du troupeau laitier (qui représente environ deux tiers de la production de viande). Les importations en provenance d'Amérique du Sud devraient progresser pour atteindre 400 000 tonnes par an sans pour autant dépasser les niveaux record d'importations enregistrés en 2005-2007.
Pas d'explosion de la production de lait. Dans le secteur du lait, malgré la fin du système des quotas en 2015, la croissance de la production de l'UE devrait rester limitée en raison principalement des contraintes environnementales qui vont jouer un rôle croissant dans certains États membres. Les livraisons pourraient atteindre 150 millions de tonnes en 2023, soit moins de 10 millions de tonnes supplémentaires par rapport à 2012. Cette hausse de production sera portée par une progression des rendements plutôt qu'une augmentation du cheptel. C'est la production de fromage qui devrait absorber la majorité du lait supplémentaire livré aux laiteries. En 2023 la production atteindra 10,7 millions de tonnes avec des exportations de près d'un million de tonnes.
Enfin, le revenu réel agricole par unité de travail devrait augmenter de 1,8 % par an de 2013 à 2023, du fait d'une réduction de la main-d'oeuvre. Dans les anciens États membres, le revenu agricole réel par actif devrait se situer en 2023 à 17,5 % au dessus de son niveau de 2012, alors que dans les nouveaux États membres il pourrait plus que doubler. L'écart entre les niveaux absolus de revenu agricole par actif entre anciens et nouveaux États membres va donc se réduire mais restera important. (LC)