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Bulletin Quotidien Europe N° 10927
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INSTITUTIONNEL / (ae) allemagne

Consensus européen sur la victoire « incontestable » de Mme Merkel

Bruxelles, 23/09/2013 (Agence Europe) - Angela Merkel est « une femme qui a du bon sens, de l'énergie, du pragmatisme ; c'est clairement une femme qui a des convictions européennes ; (…) ce sont ces qualités, ces énergies, ces engagements dont nous avons besoin, dont l'Europe a besoin ». C'est en ces termes flatteurs que le commissaire au Marché intérieur et aux Services financiers, Michel Barnier, a salué, lundi 23 septembre devant la presse, la victoire retentissante la veille au soir de la chancelière allemande et de la CDU, son parti ayant réalisé un score historique avec 41,5% des voix (décompte provisoire), sans toutefois remporter la majorité absolue au Bundestag. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, avait lui adressé à Angela Merkel dès dimanche soir, mais un peu plus discrètement, ses « plus chaleureuses félicitations pour son succès remarquable », comme l'a fait savoir un tweet du porte-parole de la Commission, Koen Doens. En déplacement à New-York, le président Barroso n'a pas jugé pertinent d'en dire plus, préférant attendre la formation du gouvernement, qui était toujours en cours lundi, ont fait savoir ses services. Lundi matin, la commissaire Viviane Reding s'était, elle aussi, fendue d'un tweet de félicitations s'associant en l'occurrence au message du président du Conseil européen, Herman Van Rompuy. Le responsable belge s'y est réjoui de poursuivre son « étroite collaboration » avec la chancelière et a jugé que la victoire d'Angela Merkel allait permettre de bâtir une Europe de paix et à l'économie prospère.

Sur cet aspect économique et financier, Michel Barnier, décidément très disert et déjà focalisé sur la course des élections européennes, s'est lui dit certain des engagements de la chancelière quant aux projets d'union bancaire, rappelant que « c'est elle qui a demandé le 29 juin 2012 au Conseil européen la mise en place de l'union bancaire ». L'Allemagne a encore « soutenu l'agenda de régulation que j'ai avancé », a ajouté le commissaire. « Il peut y avoir des critiques et des réserves mais qui n'en a pas ? J'ai aussi entendu des critiques à Londres et à Paris », a déclaré Michel Barnier qui a également vanté le fameux modèle allemand, notamment l'existence du « dialogue social, la culture de la stabilité financière, le soutien à l'entrepreneuriat local et familial que certains pays pourraient observer », a-t-il continué.

Du côté du Parlement européen, son président, Martin Schulz, a également tenu à saluer un « succès remarquable pour Angela Merkel». « L'Europe tout entière contemple avec grand intérêt les étapes suivantes dans la formation prochaine d'un gouvernement dans cet État membre. (…). Les principaux défis que le nouveau gouvernement allemand et le Parlement européen devront relever de concert comprendront la lutte contre le chômage des jeunes, qui menace notre système démocratique et social, et la mise en place d'un programme d'investissement intelligent qui aide à générer la croissance nécessaire à la consolidation de nos budgets. En outre, nous devons finaliser l'union bancaire et mettre en œuvre sans tarder la taxe sur les transactions financières », a préconisé le responsable allemand.

Pour le groupe PPE au Parlement européen, dont fait partie la CDU de Mme Merkel, et son chef de file, Joseph Daul, les électeurs allemands ont clairement « voté pour une Europe forte et pour une zone euro plus intégrée, fondée sur la compétitivité et les réformes économiques ». Le président du parti, Wilfried Martens, a lui estimé que le rôle de Mme Merkel, « un leader fort tout au long de la crise », sera « crucial » dans la poursuite de la reprise économique et d'autant plus à l'approche des prochaines élections européennes.

Les socialistes français du Parlement européen ont, quant à eux, reconnu la « légitimité incontestable » que les électeurs allemands ont confiée à la chancelière. « De la même façon que l'Allemagne avait tenu compte de l'élection de François Hollande pour amender sa politique européenne, nous devons prendre la mesure du message envoyé hier », ont-ils fait valoir. Les socialistes français ont toutefois mis en garde l'Allemagne contre la montée des « inégalités » et le « clivage économique et social entre l'Europe du Nord et l'Europe du Sud » qui « se retrouve au sein même de l'Allemagne, comme le démontrent les scores de Die Linke dans les Länder de l'Est. De cela, Angela Merkel doit également tenir compte: la montée des inégalités, au sein de l'Allemagne comme à l'intérieur de l'Europe, porte les germes de la montée des extrêmes ». La chancelière, « à présent débarrassée des enjeux électoraux, doit aussi avancer sur des enjeux comme l'union bancaire en Europe et la gouvernance de l'euro notamment », ont-ils estimé. Quant au score du parti allemand anti-euro, Alternative pour l'Allemagne, qui n'a pas atteint les 5% de voix requis pour faire son entrée au parlement, « il s'agit d'une bonne nouvelle », ont dit les socialistes français.

« Ces mouvements populistes de droite ou de gauche généralement antieuropéens se nourrissent de la crise, des difficultés, de la colère des gens et la bonne réponse (…), c'est la croissance, les emplois, le redressement de l'Europe et la compétitivité », a pour sa part jugé Michel Barnier, jugeant ces tendances somme toute encore limitées en Allemagne, notamment par rapport à la France. « Dans ces mouvements populistes, il y a des incompréhensions sur le fait qu'il y a trop de bureaucratie, trop de choses à Bruxelles », a ajouté le commissaire. « Ce sont des sujets pour l'an prochain », a encore dit le Français. (SP)

 

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