Bruxelles, 29/07/2013 (Agence Europe) - La Haute représentante Catherine Ashton s'est rendue en Égypte, le 29 juillet, « à la demande des principaux acteurs », afin de « parler à toutes les parties et de renforcer notre message qu'il doit y avoir un processus de transition pleinement inclusif, en passant par tous les groupes politiques, y compris les Frères musulmans » et pour réitérer son appel au calme, a annoncé son porte-parole. Lors de sa visite, la deuxième en moins de deux semaines (EUROPE 10891), et après un week-end de violences, Mme Ashton devait rencontrer, entre autres, le président par intérim Adly Mansour, le vice-président Mohamed El Baradei, le ministre de la Défense, le général Abd el Fattah Al-Sissi et d'autres forces politiques, y compris des représentants du Parti Liberté et Justice des Frères musulmans et des représentants de la société civile, dont le mouvement Tamarod.
Les Européens inquiets de la violence
Avant l'annonce de son voyage, Mme Ashton a souligné, le 27 juillet dans la matinée, qu'elle suivait « avec préoccupation » les derniers développements, alors que près de 100 personnes sont mortes les 26, 27 et 28 juillet dans des affrontements. Elle a appelé les autorités intérimaires à assurer des manifestations pacifiques et ordonnées et tous les acteurs à s'abstenir de toute violence et à respecter les principes de manifestation pacifique et non-violente. « La confrontation n'est pas une solution. (…) La réconciliation et le dialogue sont essentiels à ce stade critique. Il n'y a pas de place pour un discours de haine et d'autres formes d'incitation », a-t-elle souligné, dans un communiqué. Pour elle, « tous les groupes politiques, dont les Frères musulmans, doivent être impliqués dans le processus de transformation. (…) Un retour crédible à une transition démocratique nécessite un pilotage politique et le discours sans ingérence d'acteurs en dehors du cadre démocratique ». Elle a demandé des efforts à tous les groupes politiques pour « trouver une solution pacifique pour une Égypte stable, prospère et démocratique ».
Libération de Morsi
Mme Ashton a aussi insisté sur la libération de tous les prisonniers politiques, « y compris Mohammed Morsi et ses proches conseillers », soulignant que de nouvelles accusations à l'heure actuelle ne contribueront pas à l'environnement constructif dont l'Égypte a besoin maintenant. Des libérations également demandées par le président du Parlement européen Martin Schulz, qui a appelé à « mettre fin à la politisation de la justice ».
« Consterné » par le niveau de violence, M. Schulz a regretté que les forces de sécurité n'aient pas réussi à protéger la vie de beaucoup d'Égyptiens et que « dans le vide d'un mandat démocratique, les forces adverses utilisent les foules comme un moyen de légitimer leurs prétentions, avec des conséquences désastreuses ». « La direction des camps opposés a la responsabilité politique de mettre fin à la confrontation et à la division du peuple égyptien », a-t-il ajouté, soulignant la nécessité de favoriser le calme et le dialogue.
Le Premier ministre turc critique l'UE
Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, soutien du président Morsi, a critiqué l'UE pour ne pas condamner assez fermement la mort des manifestants. « Ceux qui sont restés silencieux quand la volonté nationale de l'Égypte a été massacrée sont encore silencieux quand les gens sont massacrés. Qu'est-il arrivé à l'UE (et) aux valeurs européennes, où sont ceux qui donnent des leçons de démocratie ? », s'est interrogé M. Erdogan dans un discours. « Où sont les Nations unies ? Où sont ceux qui ont créé un brouhaha quand la police turque, d'une manière totalement justifiée et légitime, a utilisé de l'eau et des sprays au poivre maintenant qu'il y a un coup d'État et un massacre en Égypte ? », a-t-il ajouté.
En un mois, plus de 300 personnes auraient été tuées dans des affrontements. (CG)