Bruxelles, 29/07/2013 (Agence Europe) - Le Premier ministre italien, Enrico Letta, a estimé lundi 29 juillet à Athènes, à la suite d'une rencontre avec son homologue grec, Antonis Samaras, que l'UE avait commis « des erreurs majeures » dans la gestion de la crise grecque, avec des « instruments et des techniques erronées » et sans « la bonne méthode et le bon minutage ». Selon des propos rapportés par l'ANSA, cela aurait, à ses yeux, contribué à aggraver la crise. Les deux hommes se sont toutefois montrés en ligne avec la nécessité de poursuivre les réformes, M. Samaras ajoutant qu'il fallait y adosser des politiques qui favorisent la croissance. M. Letta a pour sa part relevé des signes que la sortie de crise en Grèce « va ou peut arriver » et a parlé d'un intérêt des entreprises italiennes dans le programme de privatisation de la Grèce. M. Letta a également indiqué que le plan de privatisation de l'État italien serait révélé pour l'automne.
Les privatisations sont le talon d'Achille d'Athènes dans la mise en œuvre du protocole d'accord dont est assortie l'aide financière. Selon le rapport de suivi du mois de juillet de la Commission européenne, publié lundi 29 juillet, les objectifs du programme de privatisation ont été revus à la baisse cette année, à 1,6 milliard d'euros alors qu'initialement il était supposé lever environ 2,6 milliards. En 2014, il est attendu que les privatisations rapportent 3,5 milliards d'euros.
Le rapport constate également que la trajectoire de la dette grecque poursuit la lancée que l'Eurogroupe lui avait assignée. Après un nouveau pic en 2013, elle devrait commencer à pointer vers le bas en 2014. Ce scénario, précise toutefois le rapport, est valable uniquement si « le programme continue d'être totalement mis en œuvre ». Et de mettre en cause une potentielle instabilité politique. Vendredi 26 juillet, une source de la Commission a toutefois jugé stable la coalition gouvernementale actuelle. Celle-ci a été remaniée à la suite du départ du petit parti Dimar après la fermeture brutale de la télévision publique ERT.
Lundi 29 juillet, la commission du budget du Bundestag a approuvé le versement de la prochaine tranche d'aide à la Grèce, dont 2,5 milliards d'euros du Fonds européen de stabilité financière (FESF) et 1,5 milliard d'euros de profits liés au programme SMP de rachat de dette publique que les banques centrales de l'eurosystème doivent rétrocéder. Le FMI devait, lundi, trancher sur le versement d'une tranche d'1,8 milliard. (EL avec FG)