Bruxelles, 29/07/2013 (Agence Europe) -15 pays de l'UE enregistrent une baisse des salaires réels depuis le début de la crise, alors que le chômage ne cesse d'augmenter, touchant plus de 26,5 millions de personnes dans l'UE.
C'est ce que montre la carte visuelle dévoilée, lundi 29 juillet, par l'Institut syndical européen (ETUI). Basée sur le récent rapport de l'ETUI 'Benchmarking Working Europe', l'infographie illustre l'évolution des salaires dans les États membres de l'UE entre 2000 et 2012. Les baisses les plus spectaculaires ont lieu dans les pays sous assistance financière. Le triste record revient à la Grèce: le salaire réel a diminué de 4,883% entre 2009 et 2012, le salaire minimum horaire chutant lui de plus de 24% en 2012.
« Les salaires sont la première cible des mesures d'austérité partout en Europe », a déclaré la secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats (CES), Bernadette Ségol. « Ils sont à l'évidence devenus l'instrument-clé ou le mécanisme d'ajustement d'une politique de dévaluation interne. » En Irlande et au Portugal, le salaire réel a diminué, respectivement, de 0,7219% et 1,6144%. En Espagne, il a diminué de 0,4509%, alors que le pays fait face au plus fort taux de chômage de la zone euro (25%).
Parmi les pays enregistrant une hausse du salaire réel, la France et l'Allemagne arrivent en tête avec des augmentations de 0,75% et 0,53%. L'Allemagne est le seul pays de l'UE dont le taux de chômage a diminué, passant de 7,5% à 5,5% entre 2008 et 2012. Les deux pays sont toutefois devancés par la Bulgarie, où le salaire réel a augmenté de plus de 5% entre 2009 et 2012. Ce résultat ne doit pas occulter le fait que près de la moitié de la population (49%) est exposée à un risque de pauvreté et d'exclusion sociale.
Ce risque concerne une part croissante de la population européenne: 27% de la population en Espagne en 2011, 24,4% au Portugal, 31% en Grèce et en Hongrie, et jusqu'à 40% en Roumanie. Selon la CES, la baisse des salaires « a aggravé les problèmes existants en affectant les plus vulnérables ». Les pays baltes sont également très touchés mais connaissent un retour de la croissance. En 2012, le PIB de l'Estonie a augmenté de 3,2%, après une sévère baisse de 4,2% en 2008. Celui de la Lettonie a crû de 5,6%.
Dix mois avant les élections européennes, la CES estime que « chômage de masse et politique de réduction des salaires constituent un cocktail dangereux qui nuit au soutien des citoyens pour le projet européen ». La CES appelle les responsables européens à un « changement de cap d'urgence pour restaurer la croissance et la confiance ». (LM)