Bruxelles, 05/07/2013 (Agence Europe) - Sur fonds de regain de tension sur les marchés financiers, les difficultés de la Grèce et du Portugal à poursuivre la mise en œuvre de leur programme d'ajustement sera au cœur des discussions entre les ministres des Finances de la zone euro et de l'UE.
À Athènes, les réunions entre la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI) et les autorités grecques étaient focalisées, vendredi 5 juillet, sur deux questions (EUROPE n° 10881). La première concerne la diminution imposée du nombre de fonctionnaires fixée à 15 000 postes par les représentants des créanciers de la Grèce, tandis que les Grecs proposent 6 250 suppressions de postes, dont 2 600 au sein du service audiovisuel public ERT. Jeudi, le parlement grec a d'ailleurs publié le projet de loi visant la création du nouveau service audiovisuel public NERIT doté d'un capital initial de 5 millions d'euros. Deuxième question, la manière de combler le trou budgétaire dû au non respect des objectifs fixés, notamment en raison d'une conjoncture plus morose que prévu. « Le programme grec est sur les rails, il faut s'assurer qu'il le reste », a tenté de rassurer une source européenne, vendredi. En jeu: le versement de la prochaine tranche d'aide, qui pourrait être divisée en plusieurs parts versées en fonction du respect d'objectifs. Pour que l'Eurogroupe soit en mesure de prendre une telle décision lundi 8 juillet, la mission de la 'troïka' doit absolument être achevée d'ici là. Sinon, Athènes devra attendre l'automne et émettre des titres à court terme pour honorer ses engagements.
Fraîchement nommée après la démission surprise de Vitor Gaspar (voir autre nouvelle), la ministre portugaise des Finances, Mme Albuquerque, tentera de rassurer ses homologues sur la continuité politique au sein du gouvernement portugais. Bon élève, le Portugal a toujours respecté les engagements pris dans le cadre de son plan d'aide malgré l'hostilité de la population et des résultats économiques peu probants (récession de 3,2% du PIB en 2012, et chute du PIB prévue de 2,3% en 2013, dette équivalente à 123% du PIB, 18% de chômeurs). Une mission de la 'troïka' à Lisbonne est prévue pour la mi-juillet.
Lettonie. Le Conseil Écofin décidera formellement de l'entrée de la Lettonie dans la zone euro au 1er janvier 2014. La veille, l'Eurogroupe aura fixé définitivement le taux de conversion entre l'euro et le lats.
Mardi 9 juillet, les ministres des Finances évoqueront l'union bancaire à travers la présentation des priorités de la Présidence lituanienne. L'objectif affiché est de parvenir, d'ici à la fin de l'année, à un accord interinstitutionnel sur la directive généralisant dans l'UE l'outil de renflouement bancaire interne ('bail-in') (EUROPE n° 10876), et à un accord de principe au Conseil sur la proposition de mécanisme unique de restructuration bancaire que la Commission européenne mettra sur la table mercredi.
Les ministres évoqueront également les trois options avancées par la BEI qui permettraient de stimuler le financement des PME européennes. Jeudi, le président de la BCE, Mario Draghi, a rappelé que la BCE et la BEI œuvrait au sein d'une 'task force' pour faire des propositions spécifiques.
Le commissaire chargé de l'euro, Olli Rehn, présentera aux ministres l'interprétation de la Commission sur les règles du Pacte de stabilité et de croissance révisé qui autorisera les États membres ne faisant pas l'objet d'une procédure pour déficit excessif à dévier, sous conditions, de leur trajectoire de réduction du déficit structurel pour 2013 et 2014 en ne comptabilisant pas certains investissements publics cofinancés par des fonds européens (EUROPE n° 10881). (MB)